Une étude remet en question le supposé bénéfice du surpoids sur la survie du cancer colorectal

17 août 2026



   Une étude publiée dans ‘JAMA Network Open’ conclut que l’avantage apparent de survie observé chez les patients atteints d’un cancer colorectal présentant un surpoids ou une obésité au moment du diagnostic ne doit pas être interprété comme un effet protecteur du poids excédentaire ni inciter à modifier les recommandations actuelles.

   Le cancer colorectal est la troisième tumeur maligne la plus diagnostiquée et la deuxième cause principale de mortalité liée au cancer dans le monde, avec 1,9 million de cas nouveaux et 900.000 morts en 2022.

   Les avancées dans le dépistage et le traitement du cancer colorrectal, conjuguées au vieillissement de la population, ont déjà donné lieu à un croissance substantielle du nombre de survivants du cancer colorrectal, une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochaines décennies.

   L’association entre l’excès de poids et le pronostic du cancer colorrectal a fait l’objet de beaucoup de débats au cours de la dernière décennie. Plusieurs études ont rapporté une meilleure survie chez les patients présentant un poids corporel plus élevé, un phénomène souvent appelé la paradoxe de l’obésité.

   Les explications proposées incluent une biologie tumorale moins agressive chez les individus obèses, un biais de détection (c’est‑à‑dire que les personnes en surpoids consultent plus fréquemment) et l’effet protecteur du tissu adipeux comme réserve de nutriments pendant le traitement du cancer.

   D’autre part, on a également avancé que la majeure partie de la paradoxe peut être attribuée à des limitations méthodologiques des études épidémiologiques antérieures, notamment la causalité inverse, le biais de collision et un ajustement insuffisant pour les facteurs de confusion. Il convient de noter que la perte de poids involontaire dans les mois et années précédant le diagnostic du cancer colourrectal est fréquente.

LE BÉNÉFICE DU SURPOIDS S’EST ATTÉNUÉ

   Désormais, l’étude dirigée par le docteur Marko Mandic, de l’École supérieure de prévention du cancer du Centre allemand de recherche sur le cancer, a analysé 5 521 patients âgés de 30 ans et plus atteints d’un cancer colorectal confirmé par analyse histologique. Les participants ont été recrutés entre 2001 et 2016 dans plus de 20 cliniques du sud-ouest de l’Allemagne.

   Parmi les 5 521 patients atteints d’un cancer colorectal, 2 429 décès ont été enregistrés au cours d’un suivi médian de 5,2 ans, dont 1 381 décès liés à ce type de cancer.

   Par rapport aux patients ayant un poids normal au diagnostic, ceux présentant un surpoids ont affiché une survie globale légèrement supérieure, tandis qu’aucune association n’a été observée pour l’obésité.

   La survie globale, la survie spécifique au cancer colorectal et la survie sans récidive ont été évaluées à l’aide de modèles de régression de risques proportionnels de Cox ajustés sur des facteurs démographiques et de mode de vie, sur les caractéristiques de la tumeur et les comorbidités, estimés comme rapports de risques avec un intervalle de confiance à 95 %.

   Selon l’étude, l’avantage de survie associé au surpoids et à l’obésité au moment du diagnostic s’est considérablement attenué après prise en compte de la perte de poids prédiagnostique.

  En revanche, une perte de poids supérieure à 10 pour cent avant le diagnostic a été associée à des résultats de survie plus défavorables.

   Ainsi, ces résultats suggèrent que l’avantage apparent en survie associé au surpoids et à l’obésité au moment du diagnostic peut s’expliquer par la perte de poids prédiagnostique.

   La perte de poids prédiagnostique de plus de 10 pour cent a été associée à une survie plus faible. Après un ajustement mutuel sur l’indice de masse corporelle au diagnostic et le changement de poids prédiagnostique, les associations pour le surpoids et l’obésité se sont atténuées jusqu’à devenir nulles.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.