Le 22 avril dernier a vu se tenir la première rencontre avec l’équipe professionnelle du Centre Heliotropos de Murcie, géré par la Fondation Diagrama, dans le but d’ouvrir un espace de réflexion sur l’éventuelle intégration de la figure du pair au sein de l’établissement.
Au cours de cette séance, les participants ont travaillé ensemble sur les besoins spécifiques du centre, les possibilités réelles de mise en œuvre et les fonctions que pourrait exercer une personne pair au sein de l’équipe. Cet espace a permis de partager les inquiétudes, les attentes et aussi certaines des difficultés qui peuvent apparaître dans ce type de processus.
L’une des principales conclusions a été l’importance de définir clairement les fonctions de la personne par. L’équipe est tombée d’accord sur le fait que son rôle devrait être axé principalement sur l’accompagnement, la création de liens et le sentiment d’égalité avec les personnes accompagnées, plutôt que sur des fonctions thérapeutiques strictement définies.
Une autre réflexion importante a porté sur les relations entre les professionnels et les personnes pairs. Dans ce cas concret, l’intégration se ferait probablement avec des personnes qui avaient auparavant été usagères du centre lui-même. Cela implique que de nombreux professionnels connaissent déjà des aspects très personnels de leurs parcours de vie, de leurs trajectoires familiales ou d’expériences traumatiques, ce qui pourrait compliquer l’établissement d’une relation de travail horizontale entre les deux parties. Il a donc été identifié la nécessité de travailler ces limites et redéfinir les rôles au sein de l’équipe.
Un autre aspect mis en avant a été la question de la formation. Bien que l’expérience vécue soit très positive en tant qu’outil d’intervention et d’accompagnement, il a aussi été jugé important que les personnes pairs disposent d’une formation minimale dans le domaine social pour pouvoir exercer correctement leurs fonctions et se sentir plus en sécurité dans l’établissement.
Enfin, l’équipe a exprimé que, compte tenu des caractéristiques du centre —un centre de jour thérapeutique—, l’intégration de la figure du pair peut s’avérer plus complexe que dans d’autres contextes. On perçoit que leurs fonctions s’intégreraient plus facilement dans des espaces liés au loisir, à la socialisation et à l’accompagnement quotidien, tandis que leur participation dans le champ thérapeutique serait plus limitée.
Cette première rencontre a permis d’ouvrir un débat très nécessaire sur les défis et les opportunités que représente l’intégration du modèle des pairs dans les ressources d’aide aux addictions. Au-delà des difficultés, la séance a clairement montré que poursuivre la création d’espaces de dialogue et de réflexion commune est fondamental pour progresser vers des modèles d’intervention plus participatifs, plus humains et plus proches des réalités des personnes prises en charge.