Seniors aidants de proches dépendants : plus de symptômes dépressifs, risque accru chez les femmes selon une étude

16 septembre 2026



   Les personnes âgées qui prennent soin de proches dépendants présentent davantage de symptômes dépressifs que les citoyens de leur âge qui ne prennent pas en charge cette tâche, avec un risque plus élevé chez les femmes, selon une étude réalisée par des membres du Centre National d’Épidémiologie (CNE) de l’Institut de Santé Carlos III (ISCIII).

   Cette étude, dirigée par les membres du centre, Alba Ayala, Carmen Rodríguez Blázquez et Maria João Forjaz, ainsi que par la résidente de Médecine Préventive et Santé Publique à l’Hôpital Universitaire La Paz de Madrid, la docteure Inmaculada Boluda, qui a achevé sa formation à l’ISCIII, expose que prendre en charge un proche dépendant peut représenter une lourde charge émotionnelle pour les personnes âgées.

   Publié dans la revue spécialisée ‘International Psychogeriatrics’, cette recherche souligne l’importance de continuer à renforcer les politiques publiques de soutien à l’aide informelle pour les personnes dépendantes. À cette conclusion sont parvenues ses auteures après analyse des données de 3 482 participant·e·s dans la cohorte espagnole de l’étude européenne ‘Survey of Health, Ageing and Retirement in Europe’ (SHARE), recueillies entre 2011 et 2022.

   Les résultats montrent que les aidants présentent, dès le début de leur engagement, un état de santé plus dégradé et des niveaux plus élevés de symptômes dépressifs que les personnes qui n’aident pas. Par ailleurs, les femmes aidantes affichent des scores plus élevés sur l’échelle de dépression ‘EURO-D’ que les hommes aidants.

LES HOMMES AIDANTS VOIENT LA SYMPTOMATOLOGIE SE STABILISER AVEC LES ANNEES

   En effet, l’évolution de ces symptômes diffère selon le sexe, car chez les hommes aidants, les symptômes dépressifs augmentent au cours des premières années de suivi et, par la suite, tendent à se stabiliser. En revanche, chez les femmes aidantes, l’augmentation est progressive et atteint son niveau le plus élevé à la fin de la période d’étude, ce qui suggère une accumulation soutenue de la charge associée au soin.

   Ces différences pourraient être liées à une répartition inégale des responsabilités de soins, ont expliqué les auteures, ajoutant que « les femmes ont tendance à assumer des tâches plus intensives et prolongées, ainsi qu’une charge émotionnelle et sociale plus lourde liée au rôle d’aidante, des facteurs qui favoriseraient une accumulation progressive du stress et un risque accru de développer des symptômes dépressifs ».

   Pour conclure, elles ont rappelé que ces résultats s’inscrivent dans un contexte social de vieillissement démographique et des tendances qui favorisent que les personnes âgées restent chez elles le plus longtemps possible. « Ce modèle apporte des avantages pour les personnes dépendantes, mais augmente aussi les besoins en soins informels, qui en Espagne restent majoritairement assumés par les familles et, surtout, par les femmes », ont-elles conclu.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.