Pourquoi la dépression augmente-t-elle chez les personnes âgées ? Ce facteur commun avec la maladie d’Alzheimer explique tout

29 août 2026



   Une nouvelle étude a révélé que, dans le vieillissement, des niveaux élevés de la protéine tau sont associés à une augmentation des symptômes dépressifs, tout comme cela se voit dans la progression de la maladie d’Alzheimer.

   Dans une étude publiée dans la revue « JNeurosci », Teodora Markova, de l’Université Brandeis (États‑Unis), et leurs collègues ont examiné la relation entre les niveaux de tau et les symptômes dépressifs chez des personnes âgées présentant ou non des déficits cognitifs (mémoire, attention et raisonnement) caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

    Ils ont évalué des données collectées par l’Initiative d’imagerie neuronale sur la maladie d’Alzheimer, chez des hommes et des femmes âgés, avec ou sans problèmes cognitifs, et les participants ont passé plusieurs examens d’imagerie pour détecter la protéine tau et répondu à des questionnaires mesurant les symptômes dépressifs lors de multiples visites.

   Avec le temps, la vitesse d’accumulation de tau chez les participants a déterminé la rapidité avec laquelle les symptômes dépressifs ont augmenté chez les personnes présentant des capacités cognitives préservées. De plus, chez les personnes cognitivement intactes, des niveaux élevés de tau pouvaient prédire des scores plus élevés au test de dépression.

   Ces résultats suggèrent aux chercheurs que l’accumulation de tau précède et contribue vraisemblablement à une augmentation du nombre de symptômes dépressifs. Aucune de ces observations n’a été constatée chez les personnes atteintes d’Alzheimer ou même chez celles présentant un trouble cognitif léger.

    Selon l’équipe de recherche, ce travail démontre que des hausses précoces des niveaux de tau au cours du vieillissement pourraient contribuer à l’augmentation des symptômes dépressifs. Ils proposent que le suivi des trajectoires dépressives dans les populations âgées pourrait compléter d’autres mesures pour aider à évaluer le risque de maladies neurodégénératives.

   « À l’avenir, on pourra continuer à suivre l’évolution des niveaux de tau et des symptômes dépressifs des participants sur des périodes plus longues, notamment tandis que certains développent un déclin cognitif ou des dépressions plus marquées sur le plan clinique », précise Markova.

   En ajoutant, « suivre ces trajectoires, observer comment les changements précoces de l’humeur se relient aux résultats cliniques ultérieurs et établir des liens avec d’autres méthodes qui surveillent le développement de la maladie d’Alzheimer donnera une plus grande clarté sur les méthodes pour déterminer quelles personnes présentent un risque plus élevé ».

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.