Prévention et médecine personnalisée ouvrent une nouvelle étape face au cancer gynécologique

20 septembre 2026



   L’évolution des connaissances sur les tumeurs gynécologiques permet d’avancer vers une prise en charge de plus en plus personnalisée, où la prévention et le dépistage précoce se conjuguent à des traitements adaptés aux particularités de chaque tumeur, selon la docteure María Jesús Rubio, responsable du service d’Oncologie Médicale de l’Hôpital Quirónsalud Córdoba.

   Dans un communiqué, la docteure Rubio précise, à l’occasion de la célébration, dimanche, de la Journée mondiale du cancer gynécologique, que « cette transformation revêt une importance particulière face aux plus de 14 000 nouveaux cas de cancer de l’endomètre, des ovaires et du col utérin qui seront diagnostiqués en Espagne cette année, selon les estimations du Réseau espagnol des registres du cancer (Redecan) ». Parmi les tumeurs gynécologiques, le cancer de l’endomètre est actuellement la plus fréquente, avec près de 8 000 nouveaux cas, suivi du cancer de l’ovaire, avec plus de 3 500, et du cancer du col de l’utérus, autour de 2 800.

   L’évolution de ces tumeurs diffère toutefois, tant en matière de prévention que dans la manière dont elles se diagnostiquent et se traitent. C’est pourquoi connaître leurs caractéristiques et repérer les signaux d’alerte s’avère fondamental pour augmenter les chances de guérison et offrir à chaque patiente l’approche la plus adaptée.

   Le cancer de l’endomètre est aujourd’hui la tumeur gynécologique la plus fréquente en Espagne. L’un des éléments qui facilite sa détection est qu’il provoque souvent des saignements vaginaux anormaux, notamment après la ménopause, un signe qui peut permettre un diagnostic plus précoce. Par ailleurs, les avancées sur ce cancer se sont considérablement accrues grâce à sa caractérisation moléculaire. « L’identification de certaines altérations permet de mieux classifier la maladie et de sélectionner les traitements en fonction des caractéristiques biologiques de chaque cas », affirme la docteure Rubio.

   En ce qui concerne le cancer de l’ovaire, en revanche, il n’existe actuellement aucune méthode de dépistage populationnel efficace et les symptômes initiaux peuvent être peu spécifiques. Cela conduit une proportion importante de cas à être diagnostiqués lorsque la maladie est déjà à un stade avancé. « Nous vivons une transformation profonde du traitement du cancer gynécologique », assure la docteure, soulignant que « il ne suffit plus de parler uniquement de l’endroit d’où provient la tumeur; il faut aussi connaître sa biologie et ses caractéristiques moléculaires ». « Les biomarqueurs nous permettent de mieux sélectionner les traitements et d’avancer vers une oncologie véritablement personnalisée », précise-t-elle.

   Dans le cas du cancer du col de l’utérus, la situation est différente, puisqu’il s’agit de l’un des cancers les plus préventibles. La vaccination contre le virus du papillomavirus (VPH) et les programmes de dépistage permettent de réduire le risque de développer la maladie et de favoriser une détection à un stade précoce.

DES TRAITEMENTS DE PLUS EN PLUS PERSONNALISÉS

   Les avancées en recherche transforment également le traitement des tumeurs gynécologiques, notamment grâce à l’intégration de nouvelles stratégies thérapeutiques et à une connaissance de plus en plus précise des caractéristiques de chaque maladie.

   « Dans le cancer de l’ovaire, on est parvenu à ce que certaines patientes atteintes d’un maladie avancée restent pendant des années sans progression, ce qui était difficile à imaginer il n’y a pas si longtemps », indique-t-elle, pour ajouter que « dans le cancer de l’endomètre, l’immunothérapie bouleverse de manière très significative le pronostic de certains groupes de patientes, mais ces avancées ne seront possibles que si nous poursuivons la recherche et si l’innovation parvient à celles qui peuvent en bénéficier ».

   Dans ce sens, la docteure souligne que « la recherche oncologique a contribué à ce que la survie face au cancer ait été doublée en Espagne au cours des 40 dernières années, grâce aux progrès en prévention, diagnostic et traitement ». L’objectif actuel ne se limite pas à prolonger la vie des patentes, mais aussi à préserver leur qualité de vie, réduire les effets indésirables des traitements et prendre en charge les conséquences physiques, émotionnelles, sexuelles et sociales que peut engendrer la maladie.

SEÑALES DE ALERTA

   C’est pourquoi la détection de certains symptômes doit conduire à une consultation avec un professionnel de santé, surtout lorsqu’ils apparaissent pour la première fois ou persistant. Parmi les signaux d’alerte figurent les saignements après la ménopause, les pertes de sang entre les règles ou après des rapports sexuels, une distension abdominale persistante, une douleur pelvienne durable, des modifications persistantes du transit intestinal ou urinaire et une sensation de satiété précoce.

   Ces symptômes n’indiquent pas nécessairement qu’il s’agit d’un cancer, mais leur apparition ou leur persistance doit être évaluée pour déterminer leur origine et, si nécessaire, réaliser les tests diagnostics correspondants. « L’objectif ne peut pas être uniquement que les femmes atteintes d’un cancer gynécologique vivent plus longtemps, mais qu’elles vivent mieux », souligne-t-elle, affirmant que « pour y parvenir, nous avons besoin de prévention, de dépistage précoce, de recherches de qualité et de garantir que toutes les patientes aient accès aux avancées ».

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.