Médecins : grève illimitée nationale à partir du 28 octobre contre le Statut Cadre

13 septembre 2026

Le Comité de Grève médical a annoncé ce vendredi l’appel à des grèves illimitées à partir du 28 octobre, dans l’ensemble du territoire espagnol, afin d’exprimer son refus du Projet de Loi sur le Statut Cadre et de réclamer une norme spécifique au bénéfice du corps médical et des professionnels de la santé.

   Ceci a été décidé par la Confédération Espagnole des Syndicats Médicaux (CESM), le Syndicat Médical Andalou (SMA), Médecins de Catalogne (MC), l’Association des Médecins et Titulaires Supérieurs de Madrid (AMYTS), le Syndicat Médical d’Euskadi (SME) et le Syndicat des Professionnels de Galice Indépendants (O’MEGA).

   La décision, qui a également reçu le soutien de l’Union Médico et Facultatif (UMYF), survient dix jours après l’approbation par le Conseil des Ministres du projet de loi, qui vise à réformer la réglementation en vigueur depuis 2003 et qui poursuit désormais son parcours au Congrès des Députés.

   Après cela, le Comité de Grève a critiqué « l’obstination du ministère de la Santé à persévérer avec un Statut Cadre qui est rejeté par les médecins et les professionnels, ignorant des mois de grèves, de mobilisations et des tentatives répétées d’aboutir à une négociation réelle ».

METTRE FIN À LA « DÉGRADATION » DU SYSTÈME

   La secrétaire générale d’AMYTS, Ángela Hernández, a assuré dans des déclarations transmises aux médias que l’ouverture de cette grève illimitée « est un échec de tous ». « Mais nous voulons transmettre aux patients que nous faisons cela pour eux et comme eux patients. Nous ne voulons plus assister à la dégradation progressive des services », a-t-elle indiqué.

   Hernández a expliqué que l’objectif des pauses est que, si le Statut commun est maintenu, les médecins bénéficient des « mêmes conditions » que les autres catégories professionnelles de la santé. « Pas un statut négocié par les syndicats généralistes et le syndicat professionnel du personnel infirmier, dans lequel les médecins continueraient avec une journée discriminatoire et une classification qui aggrave nos conditions », a-t-elle averti.

   Par ailleurs, elle a précisé que, si l’exercice des médecins et des professionnels de santé « doit continuer à être exceptionnel et extraordinaire », ils souhaitent que ces conditions soient négociées avec les syndicats médicaux comme interlocuteurs, au moyen d’un statut médico-professionnel.

   « Ce n’est pas difficile à comprendre, chaque niveau a sa part de responsabilité. Le Ministère (de la Santé) fixe le cadre, les communautés le développent. Nous avons mis en place un Système National de Santé complexe, mais il ne peut plus être soutenu par la surcharge et le malaise des médecins et des professionnels de la santé », a-t-elle conclu.

REVENDICATIONS

   Parmi les revendications concrètes des syndicats médicaux et professionnels figurent notamment l’instauration d’une journée de 35 heures, la reconnaissance et la compensation des heures supplémentaires, une réforme globale du dispositif des gardes afin d’en garantir le caractère volontaire, une classification professionnelle conforme à la formation et à la responsabilité et des changements dans le modèle de retraite.

   Ces nouvelles mobilisations, qui auront un caractère illimité, s’ajoutent aux grèves qui avaient eu lieu au cours de la première moitié de l’année, qui à l’époque étaient limitées à une semaine par mois entre février et juin. La CESM a indiqué qu’il reste à finaliser le calendrier des autres actions qui seront menées.

   Les organisations ont appelé l’ensemble des médecins et des professionnels de santé à maintenir l’unité d’action et à soutenir cet appel, face à un moment qu’elles estiment « décisif » pour l’avenir de la profession en Espagne.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.