Prévenir la démence ne dépend pas seulement de toi : ce que la science révèle depuis des années

13 septembre 2026



   Des chercheurs de l’Université Curtin (en Australie) indiquent dans une nouvelle étude que les efforts visant à prévenir la démence pourraient accorder une responsabilité trop lourde aux choix des individus, en passant sous silence les conditions sociales et environnementales plus vastes qui influencent la santé cérébrale.

   Les chercheurs ont identifié 61 facteurs de risque et de protection potentiellement modifiables liés à la démence pour évaluer si les efforts de prévention négligent les influences sociales, environnementales et politiques les plus vastes qui façonnent la santé cérébrale tout au long de la vie.

   L’étude, publiée dans ‘The Lancet Public Health’, a révélé une forte focalisation sur les facteurs traités par la motivation personnelle et le changement de comportement, alors que de nombreux risques de démence sont influencés par des conditions échappant au contrôle direct de la personne.

   Les chercheurs ont découvert qu’on prête beaucoup moins d’attention aux influences sociales et environnementales, telles que l’éducation, le logement, la sécurité du quartier, l’accès aux soins, l’air pur et la connexion sociale, malgré les preuves croissantes montrant que ces facteurs influent sur la capacité des individus à protéger leur santé cérébrale. On estime que la démence touche environ 57 millions de personnes dans le monde, et on prévoit que ce chiffre atteigne 139 millions d’ici 2050. L’auteure principale, la docteure Jennifer Dunne, du Centre d’Excellence en Démence de l’Université Curtin, assure que les résultats remettent en question la manière dont la prévention de la démence a été traditionnellement envisagée. « Une grande partie de la prévention de la démence se concentre sur ce que les personnes peuvent faire pour réduire leur risque: faire plus d’exercice, bien manger, rester connectées socialement et prendre soin de leur santé », explique la docteure Dunne.

   La professeure Blossom Stephan, professeure de démence à l’Institut enAble de Curtin et co-auteure de l’étude, assure que les résultats démontrent que la prévention de la démence doit adopter une approche plus large, qui englobe l’ensemble de la population. « La prochaine étape est de transformer ces preuves en actions concrètes. La prévention de la démence doit promouvoir des habitudes de vie saines, tout en améliorant l’éducation, les quartiers, l’accès aux soins et d’autres conditions sociales qui influencent la santé cérébrale de la population tout au long de la vie d’une personne », insiste la professeure Stephan.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.