Congrès examine la proposition de loi visant à reconnaître les biologistes et les travailleurs sociaux comme professionnels de la santé

13 septembre 2026

Le Congrès des Députés a approuvé, ce jeudi, la prise en considération de la proposition de loi visant à reconnaître la profession de biologiste et celle de travailleur social comme professionnelles de la santé, déposée par le Groupe parlementaire socialiste (GPS) et défendue par la députée Margarita Martín.

Ainsi, le texte, soutenu initialement par Bildu, ERC et Sumar, ainsi que par Compromís et BNG en tant que membres du Groupe Mixte, entre désormais dans la phase de traîtement parlementaire après avoir obtenu 165 voix en faveur, 32 contre et 148 abstentions.

« La réalité sanitaire a progressé plus rapidement que la législation », a déclaré Martín, qui a souligné qu’il est donc nécessaire d’apporter une « réponse adaptée » sous forme législative. « Nous ne sommes pas en train de décerner une condition professionnelle ni de créer artificiellement une réalité qui n’existe pas ; nous reconnaissons des fonctions qui se déroulent déjà au quotidien dans le domaine sanitaire », a-t-elle affirmé.

En premier lieu, elle s’est référée aux biologistes, indiquant qu’ils interviennent dans divers domaines, tels que la génétique, la reproduction humaine assistée et les techniques diagnostiques. Pour cela, et parce que « la santé moderne est nécessairement pluridisciplinaire », elle plaide en faveur de leur reconnaissance professionnelle, puisqu’ils portent depuis des décennies des fonctions essentielles, notamment dans des domaines comme la biologie moléculaire et la microbiologie.

Après avoir affirmé que les biologistes ont une incidence directe sur le diagnostic et la prise de décisions cliniques, elle a déclaré que, de leur côté, les travailleurs sociaux acquièrent de l’importance à mesure que les conditions sociales, familiales et économiques influent sur la manière dont on tombe malade et sur les résultats en matière de santé. Ils réalisent « un diagnostic social qui complète le diagnostic clinique », a-t-elle insisté.

MÁS DE 40.000 PROFESIONALES
Par ailleurs, la socialiste a avancé le chiffre selon lequel « près de 40 pour cent des titulaires en Biologie exercent des fonctions sanitaires », ce qui se traduit par « au moins 30 000 dans le système sanitaire ». Quant au travail social, « 20 pour cent y exercent des fonctions dans le domaine sanitaire », de sorte que « plus de 40 000 » professionnels des deux collectifs seraient concernés par cette reconnaissance, car « cela se rattache à l’exercice dans le domaine sanitaire », a expliqué.

Pour toutes ces raisons, elle estime que la législation « doit s’adapter » et instaurer la reconnaissance des biologistes et des travailleurs sociaux, ce qui apportera « sécurité » pour les patients et « qualité » pour le système sanitaire. « La reconnaissance ne signifie pas envahir des compétences ni retirer de l’espace à qui que ce soit », a-t-elle assuré, annonçant parallèlement « des exigences spécifiques » à remplir afin d’obtenir cette reconnaissance et ainsi solder une « dette historique » envers les professionnels.

Dans le même esprit, les membres de Compromís, Águeda Micó, ont déclaré que le texte approuvé pour sa mise en procédure place la loi « au même endroit que la réalité déjà existante des biologistes, biologistes et travailleurs sociaux » ; et de Coalición Canaria, Cristina Valido (GMX), a souligné le « rôle fondamental » des professionnels concernés, tout en réclamant un cadre juridique adéquat et un financement qui « sera essentiel ».

METTRE À JOUR LA LOPS
« Il faut mettre à jour la Loi 44/2003 d’Ordonnancement des Professions de Santé (LOPS) pour y intégrer expressément les biologistes et les travailleuses et travailleurs sociaux », a souligné, pour sa part, le représentant du BNG, Néstor Rego, qui a annoncé des amendements destinés à garantir que ceux qui exercent dans le système sanitaire « restent inclus dans le champ de la loi » et pour « mieux valoriser l’incorporation d’autres professions qui demeurent encore en dehors ».

D’autres parlementaires ont pris la parole, parmi eux les représentants de Bildu, Marije Fullaondo ; de Junts, Pilar Calvo ; et d’ERC, Etna Estrems. Estrems a insisté sur le fait qu’il est « insoutenable » qu’en 2026 les professions sanitaires soient régies par une loi remontant à 2003. En ce sens, la première a soutenu que la psychologie et l’éducation physique sont des domaines qui méritent d’être débattus, tandis que Calvo, qui a aussi évoqué les audiologistes, a rejeté que le développement réglementaire du travail social soit confié « à un décret royal » unique.

Les doutes quant à la procédure de reconnaissance des biologistes et des travailleurs sociaux ont aussi été exprimés par le membre du PNV, Joseba Agirretxea, et par Rosa Quintana du PP. Selon le premier, il faut se demander « si la modification de la loi actuelle est la voie la plus adaptée », appelant à la rigueur et à une prudence particulière, et à agir « sans empiéter sur les compétences ».

« Le débat n’est pas de savoir si les biologistes font partie de la réalité sanitaire (…), le débat porte sur la façon de transposer correctement cette réalité dans le cadre juridique, avec rigueur, sécurité juridique et respect pour l’ensemble de la société », a plaidé la députée du PP, qui a reconnu toutefois que depuis l’adoption de la LOPS, « la science, la technologie et l’organisation même des soins ont évolué de manière extraordinaire ».

Enfin, la députée de Sumar, Alda Recas, et le député de Vox, David García, ont scellé leurs positions par des reproches croisés. Recas a déclaré que García et ses compagnons « ne connaissent pas d’autres professionnels que ceux de toujours », tandis que García a dénoncé le mécontentement des professionnels de la santé suscité, selon lui, par la gestion de la ministre de la Santé, Mónica García.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.