Le coordinateur de l’Área du Cancer de la Prostate au Cancer Center Clinique Universitaire de Navarre (CCUN) et directeur du Centre de Prostate de la Clinique Universitaire de Navarre, Bernardino Miñana, a exhorté à « ne pas négliger les contrôles médicaux » et à réaliser les tests de dépistage précoce du cancer de la prostate lorsque cela est nécessaire, surtout s’il existe des antécédents familiaux.
Il l’a indiqué dans le cadre de la campagne Movember, initiative internationale de sensibilisation à la santé masculine qui se déroule chaque année en novembre. Selon les estimations du Réseau Espagnol des Registres du Cancer (REDECAN), 34 833 nouveaux cas de cancer de la prostate seront diagnostiqués en Espagne en 2026.
Dans ce contexte, les spécialistes du CCUN ont souligné l’importance d’individualiser le traitement de cette pathologie, la tumeur la plus fréquente chez les hommes espagnols, en fonction de l’agressivité et de l’étendue du cancer, de sa localisation, de l’âge, de l’état de santé général et des préférences du patient.
« Deux patients atteints d’un cancer de la prostate peuvent nécessiter des traitements très différents. La priorité est d’identifier celui qui offre les meilleures chances de maîtriser la maladie tout en préservant des fonctions aussi importantes que la continence urinaire et la sexualité », a expliqué Miñana.
L’une des alternatives pour des patients soigneusement sélectionnés avec un cancer de la prostate localisé est la thérapie focale, qui, contrairement aux traitements agissant sur l’ensemble de la glande, vise à détruire la lésion tumorale tout en préservant le tissu prostatique qui ne nécessite pas d’être traité.
Pour cela, les spécialistes utilisent l’électroperation irréversible, qui fait appel à des impulsions électriques pour détruire les cellules de la zone choisie. L’imagerie par résonance magnétique multiparamétrique et les biopsies dirigées s’avèrent fondamentales pour déterminer quels patients peuvent bénéficier de la procédure.
L’expérience rapportée par le CCUN, fondée sur une série de plus de 150 patients et une médiane de suivi de quatre ans, a montré que 88 pour cent des tumeurs restaient contrôlées dans la zone traitée, tandis que 100 pour cent des patients gardaient la continence urinaire et 97 pour cent conservaients la puissance sexuelle telle qu’elle était avant l’intervention. Ces résultats concernent cette série et cette période de suivi et n’excluent pas d’éventuelles récidives dans d’autres zones de la prostate.
CIRUGÍA ROBÓTICA
Une autre option est la chirurgie robotisée, utile chez les patients chez qui l’ablation de la prostate est indiquée. À cet égard, le CCUN a souligné l’introduction, au début de l’année, du système « Da Vinci Single Port » (SP), qui permet d’introduire les instruments chirurgicaux par une seule ouverture de quelques centimètres.
« L’intervention se fait par une incision de moins de cinq centimètres, en accédant par voie extrapéritonéale, c’est-à-dire sans pénétrer dans la cavité abdominale. Cette approche est moins invasive et permet d’appliquer un protocole de récupération précoce qui évite le drainage et favorise une analgésie orale », a détaillé le spécialiste en urologie de la Clinique Guillermo Andrés Boville.
Depuis le début de l’utilisation de cette technologie, les spécialistes du Centre de Prostate ont réalisé 51 prostatectomies radicales avec elle. La durée médiane d’hospitalisation a été de 23 heures et aucune complication n’a été enregistrée au cours des interventions, ni d’incidents graves au cours du premier mois qui a suivi la chirurgie.
En matière de résultats fonctionnels, Andrés Boville a indiqué que, « après au moins trois mois de suivi, 93 pour cent des patients sont continent, et parmi ceux qui présentaient une fonction erectile avant l’opération et chez lesquels les nerfs ont pu être préservés, 72 pour cent ont retrouvé l’érection. Il s’agit de résultats préliminaires, avec un suivi encore court ».
En tout état de cause, le docteur Miñana a affirmé que disposer de plus d’options « ne signifie pas qu’il faut intervenir systématiquement » et, à cet égard, il a insisté sur le fait qu’il faut « choisir ce dont chaque patient a besoin ».