Le Conseil des ministres a approuvé mardi un décret visant à promouvoir une alimentation saine dans les hôpitaux, les centres résidentiels et les écoles infantiles de 0 à 3 ans, qu’ils soient publics ou privés, ainsi que dans les bibliothèques, universités et musées publics.
Le texte, porté par le ministère des Droits sociaux, de la Consommation et de l’Agenda 2030, en collaboration avec les ministères de l’Agriculture, de la Santé, de l’Éducation et de la Jeunesse et de l’Enfance, limite la présence d’aliments précuits et de fritures dans les repas servis dans ces établissements, et prévoit une part plus grande d’aliments nutritifs et durables.
Le texte législatif restreint les menus servis dans ces centres en ce qui concerne les aliments précuits, les fritures et ceux riches en graisses saturées, en sucres ou en sel ajoutés, et applique des critères plus stricts sur ces produits dans les menus destinés aux enfants et aux adolescents, afin d’offrir une protection particulière à l’enfance en matière alimentaire, dans la lignée du Décret relatif aux Cantines Scolaires Saines et Durables adopté en 2025, promu également par le ministère de la Consommation.
Ainsi, le décret limite à un maximum de trois rations par mois les plats précuits qui peuvent être servis dans des centres tels que les résidences pour personnes âgées ou dépendantes ou ayant des besoins spéciaux, ainsi que dans les hôpitaux.
Cette limitation est plus stricte pour les menus servis dans les hôpitaux destinés aux mineurs, car ils ne pourront recevoir qu’une portion par mois, ce qui est la même fréquence prévue pour les écoles infantiles de 0 à 3 ans. De même, la norme limite les fritures, cette fois à deux portions par semaine.
Et les aliments riches en graisses saturées, en sucres ou en sel ajoutés sont exclus des menus destinés aux enfants et adolescents dans les hôpitaux, ainsi que dans ceux servis dans les écoles infantiles.
PLUS DE FRUITS ET LÉGUMES FRAIS, DE SAISON
Le décret établit des critères plus exigeants en ce qui concerne la qualité des fruits et légumes servis dans les établissements visés par le texte, ainsi que leur durabilité.
Ainsi, la norme indique qu’au moins 90 % des fruits et au moins 30 % des légumes servis doivent être frais et de saison, et qu’au moins 10 % d’entre eux doivent provenir de circuits courts de distribution. Il est également prévu une plus grande présence de fruits et de légumes. Plus précisément, dans les menus quotidiens, on exige une offre quotidienne de fruits et de légumes afin qu’ils soient intégrés dans les plats principaux, les accompagnements, les salades et les desserts. Et en pension complète, au moins trois portions quotidiennes de légumes et deux à trois portions quotidiennes de fruits sont prévues.
Outre les fruits et les légumes, le décret encourage une plus grande présence de légumineuses, de poissons ou d’aliments complets dans les menus. En ce qui concerne les légumineuses, ou d’autres sources végétales, le texte précise que pour les menus du jour, au moins un plat principal par semaine doit être élaboré exclusivement à partir de ces protéines végétales. Et en pension complète, au moins quatre portions par semaine de plats contenant ces protéines végétales doivent être servis.
En ce qui concerne les poissons, il doit être proposé au moins deux portions par semaine comme plat principal dans les menus diurnes, en alternant poisson blanc et poisson bleu. Et au moins trois portions par semaine comme plat principal en pension complète, en privilégiant également une alternance entre poisson blanc et poisson bleu, pouvant inclure crustacés et mollusques.
En ce qui concerne les aliments complets, la norme prévoit que, pour les produits élaborés à partir de céréales, comme le pain, le riz ou les pâtes, au moins 50 % de l’offre hebdomadaire dans les menus quotidiens doit obligatoirement être de variétés complètes. Et en pension complète, il est prévu une consommation de trois à six portions par jour de produits à base de céréales, en privilégiant les céréales entières et complètes et en minimisant la consommation de farines raffinées.
Par ailleurs, au moins 25 % du coût total d’acquisition des aliments doit provenir d’une production biologique. Et, de plus, le texte autorise que, pour faciliter la transition du secteur vers une plus grande présence d’aliments durables, au cours des quatre premières années ce pourcentage soit légèrement inférieur, à au moins 10 %. De plus, les repas doivent être supervisés par des professionnels dotés d’une formation certifiée.
DISPENSEURS AUTOMATIQUES
Une autre question régulée par le décret concerne les produits vendus dans les distributeurs automatiques et il sera exigé que 70 % des articles soient des aliments et boissons sains, qui doivent être exposés dans les zones les plus visibles.
Dans le cas des boissons, la présence de boissons sucrées et de boissons énergétiques dans les distributeurs sera limitée. Et en ce qui concerne les machines qui distribuent des boissons chaudes, comme le café, il est prévu que ces machines proposent par défaut 0 gramme de sucre ajouté, n’autorisant qu’un maximum de 5 grammes supplémentaires en option volontaire.
Ces restrictions s’accompagnent également de l’obligation d’installer des fontaines dans les installations de ces centres, offrant de l’eau potable gratuitement et bien signalées.
Le texte législatif prévoit, par ailleurs, des mesures destinées à la réduction du gaspillage alimentaire, à la planification efficace des menus et à l’optimisation des ingrédients. Parallèlement, la nouvelle réglementation propose de réduire l’usage des emballages et de la vaisselle en plastique et de diminuer les emballages à dose unique afin de promouvoir l’utilisation de matériaux alternatifs plus durables.