Violence et addictions : comprendre pour se protéger – Mythes sur la violence faite aux femmes

19 septembre 2025

La violence fondée sur le genre est entourée d’idées reçues qui la minimisent ou qui, parfois, justifient l’agresseur. Ces mythes ne désinforment pas seulement, ils réduisent aussi au silence les victimes.

Examinons quelques-uns des plus répandus… et pourquoi ils sont faux :

« Si elle ne part pas, c’est parce que cela lui plaît »
FAUX: Quitter une relation violente est complexe. La peur, la dépendance économique, les enfants, la manipulation et la faible estime de soi, entre autres, sont des facteurs qui compliquent la rupture.

« Cela n’arrive que dans les familles pauvres ou à faibles ressources »
FAUX: La violence fondée sur le genre se manifeste à tous les niveaux sociaux, économiques et éducatifs. Elle n’a pas de classe sociale.

« Elle le provoque »
FAUX: Rien ne justifie la violence. Le seul responsable est l’auteur de l’agression, pas la victime.

« Ce n’est de la violence que s’il y a des coups »
FAUX: La violence peut être psychologique, économique, sexuelle, verbale ou numérique. Toutes constituent des formes de maltraitance (tu peux consulter les publications précédentes pour approfondir ce point).

« Les jalousies sont une preuve d’amour »
FAUX: Les jalousies, en tant que moyen de contrôle sur le partenaire, ne sont pas de l’amour. L’amour sain ne se caractérise pas par le contrôle.

« Si aucune plainte n’est déposée, ce n’est pas réel »
FAUX: De nombreuses victimes ne déposent pas plainte par peur, honte, dépendance ou manque de soutien. L’absence de plainte ne signifie pas qu’il n’y a pas de violence.

« Les hommes aussi souffrent de violence, il ne faut donc pas parler uniquement des femmes »
FAUX: Bien que les hommes puissent être victimes d’une certaine forme de violence, la violence fondée sur le genre trouve ses racines dans une inégalité structurelle qui touche principalement les femmes.

« Les victimes exagèrent pour attirer l’attention ou en tirer des bénéfices »
FAUX: Cette phrase discrédite et revictimise. La plupart des victimes n’ont rien à gagner à en parler; au contraire, elles prennent des risques considérables.

 « Si elles se réconcilient, cela n’était pas si grave »
FAUX: Beaucoup de victimes reviennent par peur, dépendance émotionnelle ou économique. Cela n’efface pas la violence qu’elles ont subie.

« Les agresseurs ont des troubles mentaux ou sont sous l’emprise de drogues/alcool »
FAUX: La plupart des agresseurs n’ont pas de diagnostic mental. La violence est une décision, pas une maladie.

« Les femmes aussi frappent, donc ce n’est pas différent »
FAUX: La violence fondée sur le genre possède des caractéristiques propres et s’accompagne d’une dynamique de contrôle et de pouvoir structurelle qui perpétue des inégalités historiques.

« Après tant d’années ensemble, on ne peut plus parler de violence »
FAUX: Le temps ne justifie pas l’abus. Certaines relations violentes durent des années et se banalisent dans l’entourage.

« Seules les femmes jeunes en sont les victimes »
FAUX: La violence peut toucher des femmes de tout âge, y compris des femmes plus âgées.

Connaître et déconstruire ces mythes est fondamental pour ne pas devenir complice de la violence fondée sur le genre. À chaque fois que l’on répète une croyance fausse, on légitime la violence et on fait taire les victimes. L’information et la conscience sont les meilleures armes pour rompre le cycle.

Cette publication fait partie du projet “Femmes conscientes II” (sensibilisation spécifique pour les femmes confrontées à des problèmes d’addictions), financé par le Ministère de l’Égalité via la Délégation du Gouvernement contre les Violences de Genre.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.