Violence contre les femmes et les addictions : d’autres témoignages que le 25 novembre doit aussi mettre en lumière

27 novembre 2025

Chaque 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, nous rappelons que la violence faite aux femmes n’est pas un fait isolé, mais une réalité structurelle qui traverse de nombreuses vies et de nombreux contextes. C’est une journée pour élever la voix, mais aussi pour prendre le temps d’écouter ce qui reste inaudible, même au cœur de nos propres luttes.

Parce que toutes les femmes ne subissent pas la violence de la même manière et que toutes ne trouvent pas le même espace pour demander de l’aide. Parmi elles se trouvent des femmes qui, de surcroît, vivent avec une addiction.

En des jours comme aujourd’hui, cette réalité se retrouve souvent en marge: leurs histoires sont inconfortables, complexes, et l’on les considère souvent comme « difficiles à insérer » dans les récits les plus répandus sur la violence faite aux femmes. Et pourtant, elles sont indispensables pour comprendre l’ampleur du problème.

De nombreuses femmes qui consomment le font pour survivre émotionnellement à des expériences de violence qui ont commencé bien avant. D’autres se retrouvent piégées dans des relations où la consommation est utilisée comme outil de contrôle, d’isolement ou de manipulation. Et d’autres, après avoir rompu la relation, sont stigmatisées socialement pour avoir poursuivi leur consommation en réponse au traumatisme.

Ces histoires restent généralement hors des données officielles et des messages les plus répétés. Et ce silence est aussi une violence.

Célébrer cette journée avec une perspective plus large signifie reconnaître que la violence envers les femmes affecte aussi la santé mentale, la manière de demander de l’aide, les stratégies d’adaptation… et, parfois, l’apparition ou l’aggravation d’une addiction.

Mais surtout, cela signifie comprendre qu’aucune femme ne peut être exclue du 25N parce qu’elle souffre d’une addiction.
Elles ne sont pas moins des victimes.
Elles ne sont pas moins crédibles.

Aujourd’hui, le défi est d’élargir le cadre, d’inclure les intersections qui traversent les femmes — ce n’est pas un simple geste : c’est reconnaître que la lutte contre la violence sera incomplète tant qu’une partie des femmes restera hors du récit.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.