Chez Infoadicciones, nous nous inquiétons du fait que, lorsqu’une femme en situation de consommation problématique demande de l’aide, elle ne se contente pas de démarrer un traitement : elle est aussi confrontée à la peur de perdre la garde de ses enfants. Cette crainte ne surgit pas par hasard ; elle est étroitement liée à la manière dont notre société conçoit la maternité et les soins apportés aux proches.
Le regard qui pèse sur les femmes leur assigne encore la responsabilité d’assurer le soutien émotionnel et matériel de la famille. Il existe une injonction à être une « bonne mère » qui, socialement, entre en conflit avec l’idée même de consommer des substances. Ainsi, alors que la paternité occupe généralement une place secondaire dans les traitements des hommes, chez les femmes la maternité apparaît continuellement comme un élément de jugement.
Des phrases du type « ne le ferais-tu pas ne serait-ce que pour tes enfants ? » reflètent comment l’environnement social et professionnel peut transformer la maternité en une mesure morale selon laquelle on évalue les femmes. Cela génère culpabilité, peur et, dans de nombreux cas, retarde la recherche d’aide.
Par ailleurs, les ressources thérapeutiques ne sont pas toujours préparées à accompagner ces réalités. Quand une mère entre en traitement, l’aide et les soins retombent souvent sur d’autres femmes de la famille : grands-mères, sœurs ou tantes qui assument cette responsabilité de manière naturalisée.
Parler des addictions sous une perspective de genre implique de reconnaître que les femmes n’abordent pas les processus thérapeutiques dans des conditions équivalentes. Demander de l’aide ne devrait pas signifier s’exposer au châtiment social ni au questionnement constant de leur capacité à materner, surtout lorsque le déclenchement et le maintien de la consommation trouvent leur racine dans un mal-être étroitement lié aux mandats de genre, ce qui provoque un cercle vicieux extrêmement pervers dans lequel se retrouvent emprisonnées de nombreuses femmes.