Le Congrès doit-il intervenir dans la controverse sur le vaccin contre l’hépatite B chez les nouveau-nés ?

31 décembre 2025


Le 5 décembre, le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) n’a pas simplement modifié une recommandation vaccinale; il a présidé à une tragédie imminente pour la santé publique. Dans une décision qui laisse pantois par son absence de scrupules, le comité a voté pour mettre fin à sa recommandation emblématique de 1991 en faveur de l’immunisation universelle des nouveau-nés contre l’hépatite B — une protection préventive vitale qui sert de pare-feu contre les maladies infectieuses chez les enfants depuis plus de trois décennies.

Les conséquences probables sont si dangereuses que les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) devraient rompre avec la recommandation de leur comité consultatif et préserver le calendrier existant. À défaut, le Congrès devrait intervenir.

Non seulement l’orientation de l’ACIP met des milliers de bébés en danger, mais la réunion de deux jours a mis en évidence l’indifférence totale du panel envers les preuves — prêt à laisser le public constater que la science solide n’a pas guidé la décision.

Ce qui s’est passé dans cette salle de réunion n’était pas un débat scientifique. C’était une démonstration chaotique d’incompétence instrumentalisée destinée à soutenir une conclusion prédéterminée. La réunion est devenue une plateforme pour la désinformation, exhibant les pires formes de préjugé et poussée par des données soigneusement choisies. Elle a mis en lumière un mépris flagrant pour les cadres d’examen scientifique qui ont traditionnellement guidé l’agence. De 2009 à 2013, moi-même (Rosenbaum) j’ai été membre du public à l’ACIP et j’ai connu le processus de formulation de politiques fondées sur la science qui a historiquement guidé l’ACIP. Ce qui s’est passé lors de cette réunion n’a aucun rapport avec le fonctionnement tel qu’il devrait l’être.

L’atmosphère était une brume de confusion et d’hostilité. Le vice-président, le Dr Robert Malone, MD, qui a présidé une grande partie de la dysfonction, a à plusieurs reprises interrompu ceux qui tentaient de s’exprimer en opposition à la suppression de la dose universelle à la naissance. S’appuyant sur des contraintes de temps et appelant à des pauses non planifiées, Malone a veillé à ce que les preuves soient ignorées. Cela ressemblait à un cours magistral d’obstruction administrative.

Les arguments avancés pour justifier ce recul recommandé étaient aussi dépourvus de fondement que dangereux. L’infection par l’hépatite B chez les nourrissons est la forme la plus grave du virus, conduisant à des maladies chroniques et, dans bien des cas, à une insuffisance hépatique et au décès. Or, plusieurs présentateurs ont présenté la dose à la naissance comme inutile et ont mis en avant l’hépatite B comme une maladie principalement véhiculée par des mères infectées. Ce récit ignore la réalité du virus et les diverses voies d’infection. Il prive les nourrissons de la dose à la naissance, essentielle pour les protéger dès leur retour à domicile. Il passe sous silence le fait que, avant la recommandation universelle de 1991, lorsque les immunisations à la naissance étaient limitées aux nourrissons nés de femmes connues infectées, des milliers d’enfants étaient infectés chaque année — non seulement par leurs mères, mais par un monde que l’ACIP a choisi de faire passer pour sûr.

Plus troublante encore était la rhétorique employée pour étayer ces contre-vérités. La salle a entendu des déclarations choquantes blâmant les populations immigrées pour propager les infections à l’hépatite B. La xénophobie est devenue la « preuve », tout comme la haine envers les personnes homosexuelles. La réunion s’est muée en une démonstration non scientifique de partialité se faisant passer pour des orientations politiques.

Cette manœuvre n’est pas restée sans opposition. Des membres de l’ACIP, le Dr Cody Meissner, MD, et le Dr Joseph Hibbeln, MD, aux côtés de la plupart des membres liaison, ont contesté, dans le but de préserver l’approche scientifique qui était jadis l’emblème de l’ACIP. Mais leurs efforts ont été balayés par une majorité guidée par une idéologie.

La prochaine étape relève du CDC: il peut choisir d’accepter ou de rejeter les orientations de l’ACIP. Malheureusement, on s’attend à ce que le CDC abandonne cette politique qui aurait évité environ 90 000 décès — sans un seul élément scientifique contraire.

Si cela se produit, le Congrès peut et doit intervenir.

L’Administrative Procedure Act (APA), qui guide la prise de décision des agences, a pour règle cardinale l’exigence que les actions de politique publique reposent sur des preuves et des raisons. Or, la réunion de deux jours de la semaine dernière n’a été rien de moins qu’un abandon total d’une prise de décision fondée sur des preuves raisonnées. Si le CDC approuve cette orientation, il violerait l’APA.

Le CDC a donné à l’ACIP le pouvoir d’apporter les meilleures sciences à la santé des populations. Et l’agence a lié d’innombrables lois et directives fédérales couvrant les exigences de couverture d’assurance et une myriade d’autres politiques aux recommandations du panel. L’ACIP n’a pas tenu sa part du contrat, bafouant l’intention du Congrès. Pour cette raison, le Congrès devrait mettre de côté les actions honteuses de l’ACIP comme une rupture totale avec ses responsabilités légales.

Sara Rosenbaum, JD, est professeure émérite à l’école Milken Institute School of Public Health de l’Université George Washington et ancienne membre de l’ACIP. Richard Hughes IV, JD, MPH, est avocat et professeur-lecteur en droit à la George Washington University Law School. Il a précédemment été vice-président des politiques publiques chez Moderna.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.