Jusqu’à 70 % des aliments proposés par les distributeurs automatiques dans les services d’urgences considérés comme peu sains

4 septembre 2026



Les distributeurs automatiques de denrées dans les hôpitaux espagnols proposent majoritairement des produits de faible qualité nutritionnelle; entre 60 et 70 pour cent des aliments ne sont pas sains, selon une analyse réalisée par l’Organisation de Consommateurs et d’Utilisateurs (OCU) sur 171 machines de vending dans les salles d’urgence de 52 hôpitaux.

« Un résultat très préoccupant compte tenu du fait que ces espaces sont destinés à la protection de la santé et qu’ils accueillent chaque jour des milliers de patients et d’accompagnants qui, dans de nombreux cas, dépendent de cette offre pendant les longues attentes », avertit la organisation.

OCU déplore que les bonbons, les chocolats, la boulangerie industrielle, les amuse-bouches salés ou les boissons gazeuses dominent l’offre, tandis que les produits frais et les plus recommandables d’un point de vue nutritionnel, tels que les fruits, les salades, les yaourts ou les fruits à coque naturels, ne représentent guère que 10 à 15 % de l’offre et, dans certains cas, moins de 2 %.

« Et le reste de l’offre, qui réunit entre 20 et 25% des produits, est constitué d’options moins saines, comme des sandwiches, des jus et des boissons lactées sucrées », ajoute.

De même, l’analyse met aussi en évidence d’importantes carences dans l’accès à l’eau potable, puisquonly 9 des 52 hôpitaux visités disposaient de sources d’eau accessibles dans les zones examinées. « Cette circonstance oblige les usagers à recourir à l’eau en bouteille ou à des boissons sucrées ou édulcorées, augmentant les dépenses économiques et l’impact environnemental lié à la consommation d’emballages à usage unique », avertit l’OCU.

Un « problème supplémentaire » est que les prix ne favorisent pas les choix les plus sains, car dans 44 pour cent des machines mixtes examinées, le produit le moins cher était une option peu recommandable sur le plan nutritionnel, comme la viennoiserie ou les ‘snacks’ salés, avec des prix allant de 0,35 à 1,50 euros. En revanche, les aliments frais, tels qu’un peu de fruits coupés ou une petite salade emballée, coûtent entre 1,50 et 2,50 euros.

En ce qui concerne les boissons, une bouteille d’eau coûte en moyenne 0,95 euro, en concurrence avec une vaste offre de boissons gazeuses et de cafés réfrigérés prêts à être consommés dont une consommation fréquente n’est pas recommandée.

LA OCU PIDE CELERIDAD A CONSUMO

OCU urge au Ministère de la Consommation la présentation du décret qui privilégie l’offre d’aliments sains et l’accès à des sources d’eau potable dans les centres de santé, les résidences, les bibliothèques, les centres sportifs et d’autres établissements de titularité publique ou concédés.

Le brouillon de la norme prévoit qu’au moins 80 pour cent des produits disponibles dans les distributeurs automatiques doivent être sains. Les aliments moins sains, pour leur part, pourront rester dans l’offre, mais devront occuper des emplacements moins visibles. De plus, la future réglementation vise à promouvoir l’accès à l’eau potable par l’installation de fontaines, et à encourager que les boissons chaudes soient servies sans sucre par défaut.

Pour l’OCU, la mise en œuvre de ces mesures représente « une opportunité » de progresser vers des environnements alimentaires plus sains, plus durables et conformes aux objectifs de santé publique. « Les hôpitaux ne se contentent pas de fournir des soins médicaux, mais doivent aussi contribuer activement à prévenir les maladies et à faciliter des habitudes de vie saines, notamment chez les personnes vulnérables », conclut l’OCU.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.