L’usage de drogues est bien plus répandu qu’on ne le reconnaît généralement. Il ne s’agit pas seulement de substances illicites : l’alcool, le tabac, le café ou les psychotropes font partie de la consommation quotidienne d’une grande partie de la population. En ce sens, pratiquement tout le monde a consommé ou consomme une substance psychoactive à un moment de sa vie.
Cependant, nous continuons à traiter «les drogues» comme quelque chose de séparé du social, alors que leur présence dans la culture est de plus en plus visible. Parallèlement, une esthétique de la consommation est apparue: des images, des codes visuels et des récits sur les réseaux et dans les produits culturels qui présentent la consommation comme faisant partie du style de vie, mais avec peu d’informations sur les risques, les contextes ou les soins.
Le problème n’est pas seulement ce qui est montré, mais ce qui est omis. Dans ce vide d’information, le discours public continue de s’appuyer sur la peur, même s’il devient de moins en moins utile pour décrire la réalité.
Cette esthétique n’affecte pas toutes les personnes de la même manière. Les hommes sont souvent présentés comme liés à l’excès avec une certaine légitimité sociale; les femmes, en revanche, à la condamnation morale, à l’hypersexualisation ou à la vulnérabilité. La combinaison entre les inégalités de genre et le manque d’information augmente l’exposition aux risques et limite la capacité de prendre soin.
Si la consommation fait déjà partie de la culture, l’information devrait elle aussi en faire partie. La réduction des risques part de la reconnaissance de cette réalité: non pas par le déni ni par l’alarmisme, mais à partir d’outils concrets pour réduire les risques.
Pour élargir cette approche, voici quelques ressources :
- Chasing the Scream – histoire politique et sociale de la guerre contre la drogue
- Les matériaux d’Energy Control – approche pratique de la réduction des risques
- Du problème des drogues à la problématique des drogues. Pour une conceptualisation cohérente dans le domaine des addictions
Parler de drogues n’est pas parler de quelque chose de marginal, mais de quelque chose de structurel. Et cela exige moins de distance symbolique et plus d’informations utiles.