Chez Infoadicciones, nous revenons cette année avec “Voces Expertas”. Dans le cadre de notre projet de recherche Tejiendo Apoyos, nous menons des groupes de discussion et des entretiens avec des professionnels expérimentés dans le domaine du handicap intellectuel et des addictions.
Dans cet espace, nous partageons certains des apprentissages clés qui émergent.
L’un des thèmes les plus répétés : le rôle de la famille.
La famille: soutien et blessure en même temps
Quand on parle de rétablissement, on a tendance à penser à la famille comme soutien. Mais la réalité est bien plus complexe.
Comme le souligne l’une des professionnelles interviewées, de nombreuses femmes commencent à identifier au cours du processus que leur entourage familial a aussi été source de dommage:
« Lorsque nous entamons les processus de rétablissement… elles commencent à identifier que la famille a aussi été l’agresseur ».
La famille peut être, en même temps, soutien et blessure.
Le « moindre mal »: quand il n’y a pas d’alternatives
Dans de nombreux cas, il n’y a pas d’autre option réelle.
Le « moindre mal » apparaît : maintenir des liens nuisibles parce qu’ils sont les seuls disponibles.
Chez les femmes ayant une déficience intellectuelle, cette situation est aggravée par :
- Dépendance économique
- Manque de ressources en matière de logement
- Figures de tutelle
Il ne s’agit pas toujours de pouvoir choisir, mais de ce qui est possible à ce moment-là.
Trabajar los límites sin romper los vínculos
Dans l’intervention, il ne s’agit pas tant de rompre avec la famille que d’accompagner des processus complexes.
Par exemple, en aidant à établir des limites claires :
« Il faut qu’il n’y ait pas d’alcool sur la table lors des repas en famille ».
Ou en préparant des situations à risque :
« Nous allons travailler sur le fait que tu puisses poser des limites à ta famille… ou programmer comment va se dérouler cette rencontre. »
Dans de nombreux cas, l’intervention familiale se fait par la femme elle-même, renforçant son autonomie.
Rompre avec l’idée d’une famille idéale et générer des alternatives
Tout cela nous invite à remettre en question une idée très répandue : la famille est toujours un lieu sûr. Pour de nombreuses femmes présentant une déficience intellectuelle et des problèmes d’addiction, ce n’est pas le cas.
La rétablissement ne passe pas seulement par l’arrêt de la consommation. Il passe par la construction d’autres options réelles :
- Réseaux de soutien
- Espaces sûrs
- Ressources d’hébergement
Car lorsque les alternatives manquent, même les liens douloureux peuvent devenir les seuls possibles.
Écouter ces « Voix d’Experts » nous rappelle que le rétablissement ne dépend pas uniquement de la personne, mais aussi des opportunités et des soutiens qui l’entourent.
Et il reste encore beaucoup à construire.