Dans le cadre des entretiens sur les Bonnes Pratiques en matière d’addictions, nous recueillons le témoignage de María, éducatrice sociale qui cumule plus d’une décennie d’activité en Navarre et qui met en lumière les besoins qui guident son intervention :
« Nous manquons d’espaces pour organiser un peu le quotidien des personnes ; très souvent, dans les villages eux‑mêmes, il n’y a rien. Autrement dit, je vais dans des villages où il n’existe pas de salle de sport… on parle de villages d’environ 2 000 habitants où il y a une bibliothèque, mais il n’y a pas de bibliothécaire pour la mettre en œuvre, parfois elle est fermée deux mois ou trois mois par an et fonctionne grâce au club des retraités qui s’en charge. Autrement dit, il existe aussi un gymnase, mais il est fermé. Le centre de santé est surchargé… ».
Face à l’abandon des institutions dans le cas de certains villages, elle explique que, avant de connaître la personne avec laquelle elle va intervenir, elle regarde toujours la carte : « On va me présenter une nouvelle personne et je me demande ce que je peux lui offrir dans sa communauté, car il est important qu’elle y soit… C’est à partir de là que nous devons intervenir, car c’est là où elle va faire sa vie ».
Ce témoignage met en lumière la manière dont l’intervention en matière d’addictions ne peut être dissociée du contexte communautaire ni des ressources réelles disponibles sur le territoire. Il souligne la nécessité de renforcer la présence des institutions et des services de base dans les environnements ruraux afin de garantir des parcours d’accompagnement plus efficaces et plus durables dans le temps, pour assurer une prise en charge globale centrée sur la personne.