Archivo – Homme souffrant d’hémorroïdes.- LJUBAPHOTO/ISTOCK – Archivo
Une douleur intense et continue dans la région anale, qui s’aggrave notamment lorsque l’on s’assoit, lorsque l’on marche ou lors de la défécation, accompagnée d’un gonflement, de rougeur, de fièvre, ou même d’une émission de pus, peut être le signe d’un abcès périnéal. Bien que cela représente un problème que beaucoup de personnes peuvent tarder à traiter par honte, ou même le prendre pour une gêne mineure, les spécialistes recommandent de consulter dès que possible: l’accumulation de pus nécessite généralement un drainage et, sans traitement, l’infection peut se propager, ou favoriser l’apparition d’une fistule anale.
C’est ce qu’affirme lors d’un entretien avec Europa Press Santé Infosalus le docteur José Antonio Rueda Orgaz, spécialiste de la section de proctologie de l’Hôpital Universitaire Fundación Alcorcón, qui rappelle que l’abcès périnéal est une accumulation de pus qui apparaît dans la zone autour de l’anus, le signe le plus typique étant une douleur anale intense, continue, et parfois pulsatile, qui a tendance à s’aggraver en s’asseyant, en marchant, en toussant, ou en allant à la selle, accompagnée d’une inflammation périanale, sous forme de phlegmon, avec rougeur, chaleur locale et une grande sensibilité au toucher.
« Autres signes qui doivent faire suspecter ce problème sont l’écoulement spontané de matériel purulent, la fièvre, des frissons, ou une sensation de mal-être. Dans certains cas, surtout si l’abcès est plus profond, il peut ne pas être visible à la peau, mais la douleur est très marquée. Face à ces symptômes, il convient de consulter rapidement, car le traitement nécessite généralement un drainage chirurgical, parfois accompagné de l’administration d’antibiotiques, et il ne faut pas tenter de le résoudre à domicile », précise cet expert.
POSIBLES CAUSAS DES ABCÈS PÉRINÉAUX
Habituellement, il explique que ces abcès se produisent par l’obstruction de petites glandes situées dans le canal anal, ce qui provoque une infection, qui peut progresser jusqu’à se manifester sur la peau périnéo-anal, sous forme de phlegmon ou d’abcès. « Il existe d’autres causes d’écoulements périnéo-anaux, originées par l’inflammation des follicules pileux (hidradenite suppurée), ou associées à des maladies inflammatoires de l’intestin », ajoute.
Mais il précise aussi qu’il existe des personnes présentant une prédisposition accrue, comme c’est le cas, par exemple, des patients atteints de maladie inflammatoire de l’intestin, en particulier la maladie de Crohn, qui présentent un risque plus élevé de développer des abcès et des fistules périanales. « Ils peuvent aussi être plus susceptibles les patients diabétiques ou présentant une altération de leurs défenses, par exemple dans l’infection par le VIH, ou sous traitements immunosuppresseurs. Le tabac a également été associé à une évolution plus défavorable de ce type de processus », avertit le docteur Rueda Orgaz.
De plus, il soutient que le fait d’avoir déjà eu un abcès augmente la probabilité qu’un nouveau apparaisse, ou qu’une fistule se forme. « Pourtant, il peut aussi apparaître chez des personnes en bonne santé et sans facteurs de risque évidents », ajoute-t-il.
PRINCIPAL TRATAMIENTO
Le traitement principal d’un abcès périnéal, selon ce proctologue, consiste à évacuer le pus par drainage, et, en général, comme il le précise, les antibiotiques seuls ne résolvent pas le problème, car tant que le pus demeure accumulé, l’infection peut persister. « Dans certains cas, le drainage peut être effectué sous anesthésie locale, mais lorsque l’abcès est volumineux, profond, très douloureux, ou qu’il affecte des plans plus profonds, il peut être nécessaire de le réaliser en salle d’opération », ajoute.
À cet égard, il assure que l’évolution est généralement bonne si le traitement est effectué à temps, avec un soulagement rapide de la douleur. « Ensuite, le suivi est important, car certains patients peuvent développer une fistule périanale. L’idée principale est que le drainage précoce est essentiel et que les antibiotiques sont réservés en cas d’infection généralisée ou chez les patients immunodéprimés », précise.
LE RISQUE DE NE PAS CONSULTER
Cela dit, avertit le docteur José Antonio Rueda Orgaz, spécialiste de la section de proctologie de l’Hôpital Universitaire Fundación Alcorcón, que retarder la consultation peut faire qu’un abcès périnéal, qui au départ pourrait être traité plus aisément, évolue vers un problème plus grave ou complexe: « Le pus a tendance à chercher une issue et l’infection peut s’étendre à des tissus plus profonds, augmentant la douleur, l’inflammation et la fièvre ».
Dans certains cas, dit-il, peut apparaître une fistule périanale, c’est-à-dire un petit trajet anormal entre le canal anal et la peau, qui peut nécessiter des traitements ultérieurs plus complexes. « Chez les personnes diabétiques, avec des défenses immunitaires basses, ou des maladies inflammatoires de l’intestin, le risque de complications est plus élevé. C’est pourquoi, en cas de suspicion d’abcès, il convient de consulter rapidement et d’éviter l’automédication », conclut-il.
¿REALMENTE SE PUEDEN PREVENIR?
Dans ce contexte, cet expert souligne qu’il n’est pas toujours possible de prévenir un abcès périnéal, car il s’agit souvent d’un phénomène spontané dû à l’obstruction et à l’infection ultérieure des petites glandes internes du canal anal. « Néanmoins, maintenir un bon contrôle de maladies comme le diabète, éviter le tabac et ne pas s’automédicamenter en cas de douleur anale sont des mesures importantes », affirme.
Il convient aussi de ne pas banaliser des malaises persistants par honte, insiste le docteur Rueda, soulignant que les signes d’alarme sont :
·Douleur intense ou progressive dans la zone anale.
·Bosse douloureuse.
·Rougeur.
Fièvre.
Frissons.
Mal-être général.
Sortie de pus.
« Face à ces symptômes, ce qui est recommandé, c’est de consulter dès que possible, car un traitement précoce évite les complications. La prévention absolue n’est pas toujours possible, mais elle peut réduire le risque de complications en consultant rapidement devant douleur, fièvre, bosse ou supurations », conclut le docteur José Antonio Rueda Orgaz, de l’Hôpital Universitaire Fundación d’Alcorcón.