Le Fonds mondial met en lumière la résilience des pays face aux coupes budgétaires dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme

19 septembre 2026



Le Fonds mondial a souligné l’énorme résilience des pays dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme face à des coupes draconiennes dans le financement international, ainsi qu’aux conflits, aux déplacements et à l’augmentation des besoins humanitaires enregistrés en 2025.

Ceci est indiqué par l’organisation mondiale dans le rapport 2026 sur les résultats, publié ce mercredi. Dans le document, le Fonds mondial met en exergue le travail des pays « main dans la main » pour protéger les progrès qui ont été réalisés durant l’une des périodes les plus agitées pour la santé mondiale.

« Les résultats de cette année démontrent ce qui peut être accompli lorsque les pays et leurs partenaires s’adaptent à leurs priorités. Sous une pression exceptionnelle, les pays, les communautés et les partenaires ont travaillé main dans la main pour protéger les services essentiels et préserver des décennies de progrès dans la réponse au VIH, à la tuberculose et au paludisme », a déclaré le directeur exécutif du Fonds mondial, Peter Sands.

Le Fonds souligne que 2025 a été un « rappel clair » de la fragilité des avancées. Dans ce contexte, il note que les coupes de financement ont entraîné des « reculs importants » dans les réponses aux trois maladies : les services de prévention du VIH ont été réduits ou suspendus dans de nombreux pays, les programmes de tuberculose ont connu des interruptions dans des domaines tels que la détection des cas, le diagnostic et le traitement, et les réponses au paludisme ont été confrontées à des pénuries de médicaments essentiels et à des retards dans des campagnes de prévention cruciales.

AVANCEMENTS DANS LES RÉPONSES AU VIH, À LA TUBERCULOSE ET AU PALUDISME

Le rapport indique que les pays ont réussi à maintenir le traitement et la continuité des soins du VIH malgré les fortes pressions sur le financement et les systèmes de santé. En 2025, 87 pour cent des personnes vivant avec le VIH dans les pays bénéficiaires du financement du Fonds mondial connaissaient leur statut sérologique, 80 pour cent recevaient un traitement antirétroviral et 74 pour cent présentaient une suppression de la charge virale. Ainsi, 26,9 millions de personnes recevaient un traitement antirétroviral pour le VIH, contre 25,6 millions en 2024.

Cependant, les services de prévention du VIH ont été gravement touchés par les coupes du financement national et international. En 2025, 1,1 million de personnes ont reçu une prophylaxie pré-exposition dans les pays où le Fonds mondial intervient, en dessous des 1,4 million de 2024. Pour l’organisme, ces reculs soulignent l’urgence de rétablir les efforts de prévention et de protéger les acquis dans la lutte contre le VIH.

Concernant la tuberculose, l’année précédente, 7,4 millions de personnes ont reçu un traitement pour la maladie dans les pays recevant le financement du Fonds mondial, dont 115 000 présentaient une tuberculose résistant aux médicaments. On estime que, en 2024, 10,7 millions de personnes ont été atteintes par la tuberculose dans le monde et que plus de 1,2 million en sont décédées en raison de la maladie.

« Il persiste d’importantes lacunes dans le diagnostic et le traitement, ce qui renforce la nécessité de dépister, diagnostiquer et traiter davantage de personnes plus tôt », ajoute l’organisme.

D’autre part, en 2025, 196 millions de moustiquaires traitées avec insecticide ont été distribuées. Malgré cela, on estime que le paludisme a causé 610 000 morts dans le monde en 2024.

« Depuis la création du Fonds mondial en 2002, nous avons réussi à réduire de 65 pour cent la mortalité combinée des trois maladies et à sauver au total 72 millions de vies », a souligné Françoise Vanni, directrice des Relations extérieures du Fonds mondial.

OBTENIR DES RÉSULTATS LÀ OÙ L’ON EN A LE PLUS BESOIN

Le Fonds mondial rappelle que dans certaines des zones les plus complexes du monde se concentre une « charge disproportionnée » du VIH, la tuberculose et le paludisme. Les environnements fragiles et touchés par les conflits représentent environ 63 pour cent des cas de paludisme dans le monde, tandis que les pays traversant des crises aiguës ou prolongées concentrent environ un quart des cas de tuberculose.

À ce titre, le Fonds souligne que, sur la période 2024-2026, il investit près de 4 500 milliards d’euros dans des environnements opérationnels complexes.

Le rapport affirme également que l’innovation accélère les progrès. Il met en évidence les premières livraisons de lenacapavir dans les pays bénéficiaires du financement du Fonds mondial et qui ont été les premiers à adopter cet outil pour la prévention du VIH à la fin de 2025, dont l’extension s’est accélérée en 2026.

Il met aussi en avant le déploiement de radiographies numériques assistées par l’IA dans plus de 20 pays pour lutter contre la tuberculose et l’expansion continue des moustiquaires traitées avec un double actif pour la malaria, qui ont le potentiel de réduire les cas jusqu’à 45 pour cent dans les zones où les insecticides présentent une résistance, par rapport aux moustiquaires standard.

LE LEADERSHIP DES PAYS DÉTERMINERA LA DIRECTION

Le Rapport de résultats de cette année montre comment le leadership des pays, l’innovation et le partenariat ont aidé à protéger des décennies de progrès dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, tout en mettant en évidence la nécessité que l’alliance du Fonds mondial continue d’évoluer pour soutenir des réponses nationales plus durables et autonomes.

Pour l’avenir, le Fonds mondial affirme qu’il met déjà en œuvre cette évolution. Les changements stratégiques approuvés à la fin de 2025 définissent la priorisation des ressources, renforcent le soutien pour les pays en voie d’autosuffisance et créent des voies de transition plus claires et prévisibles.

« Ces changements mettent davantage l’accent sur le cofinancement et la mobilisation des ressources nationales, sur une meilleure intégration dans les systèmes de santé nationaux et sur la durabilité à long terme des systèmes communautaires », expliquent l’organisation.

Pour l’institution, les défis de 2025 ont aussi offert l’occasion d’accélérer un changement global avec plus d’efficacité et d’efficience, une plus grande implication des pays et une approche constante visant le plus grand impact possible à chaque dollar. « À mesure que les pays augmentent leurs investissements et progressent vers une plus grande autonomie, il restera crucial de maintenir les investissements internationaux », conclut l’institution.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.