Les données actuelles suggèrent que un nombre plus élevé de pas quotidiens est essentiel pour prévenir une mort prématurée, mais il n’est pas clair quel rôle pourrait jouer l’intensité de l’activité physique ni comment les différentes combinaisons du nombre de pas et de l’intensité pourraient influencer ce risque, notamment chez les adultes sédentaires.
Pour approfondir ce sujet, une étude menée par l’Université Monash (Australie), publiée dans le « British Journal of Sports Medicine », a analysé les données de 103 684 personnes d’âge moyen issues du Biobanque du Royaume-Uni. Les participants ont porté un dispositif de suivi de l’activité pendant sept jours consécutifs entre 2013 et 2015 afin de contrôler le nombre et l’intensité des pas quotidiens effectués.
Le décompte quotidien des pas a été réparti en quatre catégories : 0-5 000; 5 000-7 500; 7 500-10 000; et plus de 10 000. On a mesuré une cadence maximale, correspondant à 30 pas, qui reflète la vitesse des pas la plus soutenue que chaque personne a maintenue pendant sa demi-heure la plus active de la journée.
Par la suite, on a suivi le nombre de personnes décédées pour n’importe quelle cause ou pour une maladie cardiovasculaire jusqu’à fin novembre 2022. Lors de l’analyse des décès toutes causes confondues, environ 64 743 participants ont été inclus (âge moyen 61 ans; 58 % de femmes) ; et lors de l’analyse des décès liés à une maladie cardiovasculaire, 70 075 participants ont été inclus (âge moyen 62 ans; 63 % de femmes).
Sur une période de suivi moyenne d’environ 8 ans, 1 697 personnes sont décédées pour n’importe quelle cause et 502 pour une maladie cardiovasculaire. Différentes combinaisons du nombre de pas et du rythme de marche ont été associées à un risque de mortalité moindre.
Par exemple, le risque était sensiblement plus faible chez ceux qui atteignaient une cadence de pas plus élevée (au moins 80 pas par minute) tout en réalisant moins de 5 000 pas par jour, ce qui était similaire à la réduction du risque observée chez ceux qui réalisaient 5 000-7 500 pas par jour mais à une cadence plus lente (60 pas par minute).
QUE S’EST-IL PASSE AVEC L’ÉTUDE ?
La conclusion principale est que faire moins de pas par jour à un rythme plus rapide ou faire plus de pas à un rythme plus lent peut réduire substantiellement le risque de mort prématurée, et qu’un rythme plus soutenu pendant au moins 30 minutes par jour constitue le point optimal pour ceux qui mènent volontairement ou par nécessité un mode de vie sédentaire.
« Une intensité plus élevée avec un volume moindre peut offrir des bénéfices pour la santé similaires à ceux d’une intensité moindre mais avec un volume plus élevé », écrivent les chercheurs.
Ainsi, maintenir un rythme plus élevé pendant au moins 30 minutes par jour s’est associé à un risque de mort toutes causes confondues en diminution progressive chez ceux qui accumulaient moins de 7 500 pas par jour.
Bien que viser entre 7 500 et 10 000 pas par jour soit associé au plus faible risque de mort prématurée, indépendamment du rythme, le fait de maintenir un rythme plus rapide pendant au moins 30 minutes par jour s’est aussi avéré lié à un moindre risque de mortalité toutes causes confondues, quel que soit le nombre de pas.
Des résultats similaires ont été observés pour les combinaisons du nombre de pas et du rythme de marche en relation avec le risque de mortalité due à une maladie cardiovasculaire.
RÉSULTATS CLÉS, ÉTUDE OBSERVATIONNELLE
Il s’agit d’une étude observationnelle et, à ce titre, elle ne peut établir une relation de cause à effet. Cependant, les résultats pourraient être particulièrement pertinents pour les personnes qui n’ont pas le temps nécessaire pour réaliser un nombre adéquat de pas quotidiens ou pour celles dont l’incapacité physique ou les limitations environnementales compliquent fortement la tâche, suggèrent les chercheurs.
« Nos résultats contribuent à l’ensemble des preuves sur les approches basées sur les pas qui mettent l’accent à la fois sur le nombre de pas quotidiens et sur l’intensité de l’activité physique pour réduire le risque de mortalité, et pourraient servir de base à des interventions axées sur les pas pour les adultes d’âge moyen et les seniors, en particulier pour les personnes ayant des difficultés à augmenter le nombre de pas quotidiens ou l’intensité de l’activité physique », concluent les auteurs.