Le 7 mai dernier, à Madrid, s’est tenue la XXVIe Journée nationale de Proyecto Hombre sous le slogan « Santé mentale et addictions : Il y a un Projet », espace de rencontres et de réflexion qui a réuni des professionnels, des organisations et des personnes liées au domaine des addictions et à la santé mentale.
La journée a mis en évidence la nécessité d’avancer vers des modèles d’intervention plus humains, intégrés et communautaires, capables de répondre aux nouvelles réalités sociales et à la complexité des processus de consommation et de mal-être émotionnel. Au cours des différentes interventions et débats, il a été souligné l’importance de comprendre les addictions sous un angle global, où la santé mentale, les liens, le contexte social et la participation des personnes affectées occupent une place centrale.
L’un des aspects qui a traversé une grande partie des réflexions était la nécessité de construire des ressources plus proches et moins rigides, capables de générer des espaces sûrs, d’écouter et d’accompagner réellement. Dans ce sens, même si la journée n’a pas été centrée spécifiquement sur le modèle des pairs, bon nombre des questions abordées se connectent directement à cette perspective.
Le modèle des pairs défend précisément l’importance d’intégrer l’expérience vécue au sein des ressources d’accompagnement, reconnaissant que les personnes ayant traversé des situations de consommation, d’exclusion ou de souffrance psychique possèdent des connaissances et des outils fondamentaux pour accompagner d’autres personnes dans l’empathie et l’identification. L’expérience partagée permet de tisser des liens de confiance difficiles à construire à partir de positions uniquement techniques ou institutionnelles.
De plus, durant la journée, il a également été question de participation, de communauté et d’humanisation de l’intervention, éléments essentiels dans le travail avec les pairs. Il devient de plus en plus évident que les modèles centrés uniquement sur l’intervention clinique ou assistance sont insuffisants pour répondre à la multiplicité des réalités vécues par les personnes usagères.
Des espaces comme cette journée montrent que le domaine des addictions et de la santé mentale est en pleine transformation, où des approches plus horizontales, inclusives et centrées sur la personne gagnent en force. Le défi désormais est de continuer à progresser vers des ressources où l’expérience vécue ne soit pas seulement écoutée, mais aussi reconnue comme un outil légitime d’intervention et de changement social.