Une alimentation saine réduit le risque de maladies chroniques liées au vieillissement — étude de l’UAM

18 septembre 2026



Une étude menée par des chercheurs de l’Université autonome de Madrid (UAM) et d’IMDEA Nutrición indique qu’une alimentation de meilleure qualité est associée à un vieillissement plus sain et à un risque moindre de développer plusieurs maladies chroniques.

Cette recherche, publiée dans la revue BMC Medicine, a analysé les données de 84 293 participants de la cohorte britannique UK Biobank sur une période de suivi supérieure à 11 ans. Les résultats indiquent que des schémas alimentaires tels que le régime méditerranéen ou le régime DASH sont liés à une probabilité plus faible de progresser d’un état de santé sain vers l’apparition d’une première maladie chronique, à l’accumulation de plusieurs pathologies et au décès, selon un communiqué de l’Université.

L’étude a donc examiné comment la qualité de l’alimentation influe sur les différentes étapes que peut traverser une personne: du fait d’être en bonne santé ou libre des maladies étudiées jusqu’à développer une première pathologie chronique, présenter plusieurs affections simultanément — ce qui est appelé multimorbidité — et, finalement, le décès.

Les résultats indiquent qu’une alimentation de meilleure qualité s’associe de façon constante à un risque plus faible de progresser vers chacune de ces étapes.

LE PARCOURS ENTRE LA SANTÉ ET LA MALADIE

Contrairement à d’autres travaux qui étudient de manière isolée la relation entre l’alimentation et un seul aboutissement de la santé, cette recherche a utilisé un modèle à états multiples. Cette approche a permis d’observer le parcours complet des participants depuis un état de santé sain jusqu’à l’apparition d’une première maladie chronique, puis le développement ultérieur de multimorbidité et enfin le décès.

Pour évaluer la qualité de l’alimentation, les chercheurs ont utilisé quatre indices diététiques internationalement reconnus: l’Indice de Diète Méditerranéenne Alternative (aMED), le modèle DASH — conçu à l’origine pour aider à maîtriser l’hypertension —, l’Indice Alternatif d’Alimentation Saine (AHEI-2010) et l’Indice de Régime Sain Basé sur les Plantes (hPDI).

Au cours de la période de suivi, 22 723 participants ont développé au moins une maladie chronique et 4 368 ont progressé vers la multimorbidité. Au total, 2 886 décès ont été enregistrés.

RÉDUCTION DE RISQUE À CHAQUE ÉTAPE

Les personnes ayant une adhérence plus élevée aux schémas aMED, DASH et AHEI-2010 présentaient entre 6 % et 8 % de risque en moins de développer une première maladie chronique par rapport à celles affichant une adhérence moindre. De plus, les participants qui suivaient davantage le régime méditerranéen alternatif présentaient un risque de décès sans avoir développé aucune des maladies analysées réduit de 28 %.

L’association est restée également après l’apparition d’une première pathologie. Parmi les personnes déjà diagnostiquées d’une maladie chronique, une alimentation de meilleure qualité — en particulier les profils aMED et DASH — était associée à un risque moindre d’accumuler de nouvelles maladies.

De même, parmi ceux qui présentaient déjà une multimorbidité, une plus grande adhérence aux modèles aMED, DASH et AHEI-2010 était associée à une réduction comprise entre 20 % et 29 % du risque de mourir.

DIFFÉRENCES EN FONCTION DE L’ÂGE

L’analyse par groupes d’âge a révélé quelques différences. Chez les participants de plus de 60 ans, l’association protectrice d’une alimentation de qualité était plus marquée lors de la transition d’un état de santé sain vers une première maladie chronique. Chez les adultes plus jeunes, en revanche, l’effet bénéfique était plus évident chez ceux qui présentaient déjà une multimorbidité. L’étude n’a pas trouvé de différences pertinentes entre les hommes et les femmes.

« Ces résultats renforcent l’idée que l’alimentation n’influence pas seulement le risque de développer une maladie précise, mais peut aussi moduler le cours global de la santé au cours de la vie, y compris la probabilité d’accumuler plusieurs maladies chroniques et de décéder », a déclaré la doctorante de l’UAM et première autrice de l’étude, Aitana Vázquez Fernández, qui participe également Humberto Yévenes Briones, Alberto Lana, Ana Baylin, Francisco Félix Caballero et Esther López García.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.