Un sommeil très interrompu ou prolongé peut raccourcir la carrière d’environ 9 mois

27 août 2026



   Les habitudes de sommeil saines à la mi‑vie sont associées à une espérance de vie professionnelle plus élevée, selon les conclusions d’une étude publiée dans ‘Occupational & Environmental Medicine’.

   Les résultats indiquent que dormir de façon très irrégulière ou longtemps – neuf heures ou plus par nuit – à partir de 50 ans s’est ensuite associé à une réduction de la participation sur le marché du travail d’environ neuf mois.

   Dans plus de la moitié des pays de l’OCDE, l’âge légal de la retraite a augmenté en raison du vieillissement de la population. Par conséquent, les chercheurs expliquent qu’on s’attend à ce que les personnes restent plus longtemps sur le marché du travail.

   Diverses études ont analysé le moment et les raisons de quitter la vie active, telles que la retraite anticipée ou la retraite pour incapacité ou mauvaise santé, mais aucune n’a examiné si un sommeil adéquat et de bonne qualité pourrait contribuer à une durée plus longue de la vie professionnelle.

   Ainsi, l’auteure de l’étude, Saana Myllyntausta, du Département de psychologie et d’orthophonie de l’Université de Turku (Finlande), a souhaité analyser la relation entre les habitudes de sommeil et l’espérance de vie professionnelle, définie comme le nombre moyen d’années pendant lesquelles on s’attend à ce qu’une personne reste active à partir d’un âge donné, ici entre 50 et 68 ans.

   Elle s’est appuyée sur les données de deux études observationnelles : l’étude du secteur public finlandais (FPS), qui comprend 70 339 agents du secteur public entre 2000 et 2016 (80% de femmes), et l’étude Santé et Soutien Social (HeSSup), qui réunit un échantillon aléatoire de 6 071 adultes finlandais en âge de travailler entre 1998 et 2013 (54% de femmes).

   Les informations sur le sommeil provenaient des réponses des participants à la première enquête remplie après leurs 50 ans. La durée habituelle du sommeil nocturne était classée comme courte (<7 heures), moyenne (7-8 heures) et longue (9 heures ou plus).

   Les troubles du sommeil comprenaient des difficultés à s’endormir ou à rester endormi, des réveils trop précoces et un sommeil non réparateur au cours des 4 semaines précédentes. Ceux-ci ont été classés comme : aucun (jamais à 1 nuit par semaine) ; modéré (2 à 4 nuits par semaine) et grave (5 à 6 nuits par semaine jusqu’à presque toutes les nuits).

   La participation à la main-d’œuvre a été déterminée à partir des données liées du Registre des revenus et des prestations, géré par le Centre finlandais des pensions.

PIRES RÉSULTATS CHEZ LES PERSONNES AYANT DES TROUBLES DU SOMMEIL

   L’analyse des données a montré que, par rapport à ceux qui ne présentaient pas de troubles du sommeil, ceux qui souffraient de troubles modérés du sommeil pouvaient s’attendre à travailler près de 5 mois en moins et ceux souffrant de troubles graves du sommeil, 8 mois en moins, indépendamment du sexe et du type de travail, défini en 3 grandes catégories : professionnel, intermédiaire et routinier.

   Ne pas présenter de troubles du sommeil était associé à une espérance de vie professionnelle de 13 ans et 5 mois. Les troubles modérés du sommeil se sont associés à une espérance de vie professionnelle de 13 ans, et les troubles graves du sommeil à 12 ans et 10 mois.

   La plus grande espérance de vie professionnelle (presque 14 ans) à 50 ans s’observait chez les femmes professionnelles sans troubles du sommeil ; la plus faible a été observée chez les hommes exerçant des métiers routiniers et souffrant de troubles graves du sommeil (environ 12 ans et demi).

   La durée de sommeil courte ou moyenne était associée à une espérance de vie professionnelle de 13 ans et 2 mois ; la durée prolongée du sommeil nocturne était associée à une espérance de vie professionnelle de 12 ans et 5 mois chez les participants de l’étude FPS.

   Et par rapport à ceux qui dorment entre 7 et 8 heures par nuit, dormir 9 heures ou plus par nuit s’est associé à une espérance de vie professionnelle d’environ 9 mois de moins chez les participants FPS et un peu plus de 30 mois de moins chez les participants HeSSup.

   Aucune preuve nette de différences n’a été constatée entre les personnes présentant des habitudes de sommeil de durée moyenne et courte, indépendamment du sexe et du type de travail.

   Cependant, dans les deux groupes, il existait une différence dans l’espérance de vie professionnelle entre les plus favorisés (ceux qui occupent des postes professionnels ou qui disposent d’un haut niveau d’éducation et sans troubles du sommeil ou avec une durée de sommeil courte ou moyenne) et les plus défavorisés (ceux qui occupent des emplois routiniers ou qui ont un faible niveau d’éducation et présentent des troubles graves du sommeil ou une durée de sommeil prolongée).

   « Promouvoir la santé du sommeil et offrir un soutien pour contrôler les troubles du sommeil à la mi‑vie peut être particulièrement important pour les personnes ayant un statut socioéconomique plus bas lorsque l’objectif est d’augmenter la participation à la force de travail au fur et à mesure du vieillissement », conclut l’auteure.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.