Réunion de l’USPSTF repoussée pour la troisième fois consécutive

5 mars 2026


Encore une autre réunion programmée de la Task Force sur les Services Préventifs des États-Unis (USPSTF) a été reportée, a confirmé mardi le Département de la Santé et des Services sociaux (HHS).

Cette instance, qui se réunit habituellement trois fois par an, ne s’est pas réunie depuis mars de l’année dernière, les réunions prévues en juillet et en novembre ayant été annulées brusquement.

La dernière réunion de la task force, qui formule des recommandations fondées sur des données probantes en matière de services de santé préventifs, n’a pas encore été reprogrammée.

« La première réunion de l’USPSTF de cette année a été reportée et sera reprogrammée dans les mois à venir », a déclaré dans un communiqué envoyé par courriel un porte-parole du HHS.

Reuters a été le premier à signaler le nouveau retard, notant qu’il y avait des préoccupations depuis l’année dernière selon lesquelles le secrétaire du HHS, Robert F. Kennedy Jr., pourrait dissoudre ce panel de 16 membres dans le cadre de ses projets de remodelage de la régulation des vaccins, de l’alimentation et des médicaments.

En janvier, des défenseurs de la santé publique s’étaient alarmés du ralentissement des travaux de l’USPSTF.

Le mois dernier, deux membres originaux de la task force ont averti que le HHS pourrait effectivement éliminer l’USPSTF ou délégitimer cet organisme indépendant, à l’instar de ce qui s’était produit avec le Comité consultatif des pratiques d’immunisation du CDC.

Le travail de l’USPSTF joue un rôle important en matière d’accès à des services de santé essentiels. Les recommandations de la task force qui obtiennent une cote A ou B, comme les dépistages du cancer colorectal ou du cancer du sein, doivent être couvertes par les assureurs maladie sans frais à la charge des patients.

Quatre directives récentes en version préliminaire sont sur le point d’être finalisées mais semblent bloquées dans l’incertitude, selon le New York Times. Ces directives portent sur le dépistage chez l’adulte des usages malsains d’alcool, les auto-prélèvements pour les dépistages du cancer du col de l’utérus, des conseils destinés aux femmes à risque accru de dépression périnatale et les compléments de vitamine D visant à prévenir les fractures et les chutes chez les personnes âgées.

La réunion de juillet dernier, qui n’a jamais été reprogrammée, visait à discuter de l’alimentation, de l’activité physique et de la perte de poids afin de prévenir les maladies cardiovasculaires chez les adultes.

Avant le report, la communauté médicale suivait de près une décision de la Cour suprême des États-Unis, qui a jugé constitutionnelle la nomination des membres de l’USPSTF par le secrétaire du HHS, ce qui signifie que les membres peuvent être destitués et remplacés à la discrétion.

À l’époque, plus de 100 organisations de soins de santé, dont l’American Medical Association, avaient signé une lettre adressée au comité de la Santé du Sénat et à son président, le sénateur Bill Cassidy, médecin (R-La.), appelant à la protection de l’intégrité de l’USPSTF.

« Nous exhortons le Congrès à protéger et à préserver la structure et le fonctionnement actuels de l’USPSTF afin que chacun continue à bénéficier d’une prévention fiable et fondée sur des données probantes », indiquait la lettre.

L’USPSTF existe depuis 1984 et est responsable de dizaines de recommandations en matière de prévention.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.