L’addiction au jeu, bien que traditionnellement associée aux hommes, touche aussi de nombreuses femmes (environ 30%), et impacte leur vie familiale, économique, professionnelle et leur santé. Les femmes ont tendance à privilégier des jeux de hasard non stratégiques, comme le bingo, les machines à sous ou la loterie, et elles jouent souvent en solitaire. Leurs motivations principales sont d’ordre émotionnel : elles cherchent à échapper à des problèmes ou à atténuer des émotions négatives, tandis que les hommes jouent plutôt pour expérimenter de nouvelles sensations ou obtenir des gains économiques. Par ailleurs, le démarrage de ce trouble chez les femmes survient généralement plus tard, entre 30 et 40 ans, mais l’évolution peut être plus rapide.
La stigmatisation sociale, la honte et la culpabilité empêchent les femmes de reconnaître le problème et de chercher de l’aide, ce qui se traduit par un moindre accès au traitement et des taux d’abandon thérapeutique plus élevés, affectant l’estime de soi et la récupération.
Le bingo est un exemple de jeu fortement associé aux femmes: en Espagne, plus de 65% des personnes qui jouent sont des femmes, attirées par son caractère social et sécurisant. La version en ligne a réduit la stigmatisation et attiré des joueuses plus jeunes. La numérisation a transformé le jeu au XXIe siècle : les casinos et les paris en ligne ont démocratisé l’accès, augmenté la participation et élargi le marché mondial, une tendance qui s’est accélérée pendant la pandémie de COVID-19, plaçant l’Espagne parmi les pays européens enregistrant la plus forte croissance du jeu numérique.
Par conséquent, afin d’améliorer l’intervention, les études soulignent l’importance d’adapter les traitements avec une perspective de genre, en tenant compte des mandats sociaux, en favorisant la conciliation familiale et en offrant des espaces de soutien où les femmes se sentent comprises.