Ozempic : le médicament prolonge la vie des souris d’environ 100 jours et pourrait ralentir le vieillissement

6 septembre 2026



L’Ozempic, dont le principe actif est la semaglutide, surprend à nouveau la science. Une nouvelle étude pointe désormais vers un effet potentiel qui va bien au-delà de la perte de poids et qui pourrait être lié à la manière dont l’organisme vieillit.

   Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley (États‑Unis) a démontré que le médicament semaglutide, un inhibiteur du GLP-1, prolongeait l’espérance de vie de souris âgées et saines en atténuant les effets néfastes du vieillissement.

   Les chercheurs, soutenus par les Instituts nationaux de la Santé (NIH), ont comparé directement les effets du traitement à ceux d’une réduction de l’apport calorique. Ils ont découvert que le médicament imitait les bénéfices anti‑âge de la restriction calorique, offrant même des avantages supérieurs dans certains aspects. Les résultats sont publiés dans Nature.

   Bien que les GLP-1 aient été démontrés pour retarder l’apparition de nombreuses maladies liées à l’âge chez les animaux, cette nouvelle étude chez des souris âgées et en bonne santé fournit des preuves que ces médicaments peuvent ralentir le vieillissement physiologique lui-même, une idée qui pourrait relier les larges bénéfices des GLP-1 à une source commune.

   « La plupart des maladies chroniques trouvent leur origine dans le processus de vieillissement. Si les agonistes du GLP-1 le ralentissent réellement, on pourrait donc attendre une large gamme d’avantages cliniques », souligne Rafael de Cabo, docteur en philosophie, chercheur principal à l’Institut national sur le vieillissement (NIA) des NIH et auteur d’un commentaire sur la nouvelle étude.

   Pour comprendre l’impact des GLP-1 à un moment où les effets du vieillissement sont plus prononcés, les auteurs de l’étude ont administré de la semaglutide à des souris femelles âgées de 20 mois pendant trois mois.

   Comparativement à un groupe témoin, les souris traitées par le médicament ont montré une amélioration de la fonction musculaire et cognitive. L’analyse de l’expression génique a révélé que plusieurs traits caractéristiques du vieillissement naturel, tels que l’augmentation de l’inflammation et la diminution de la capacité régénérative, ont diminué chez les animaux traités.

UNE ESPÉRANCE DE VIE MOYENNE PRÈS DE 100 JOURS PLUS LONGUE

   Un autre groupe de souris traitées jusqu’à la fin de leur vie a affiché une espérance de vie moyenne presque 100 jours plus longue que celle des souris non traitées. Ensuite, les auteurs ont comparé la semaglutide à la restriction calorique pour déterminer si ses bénéfices provenaient simplement d’une moindre ingestion alimentaire ou d’un autre facteur.

   Pendant cinq mois, les scientifiques ont administré la semaglutide à un groupe de souris femelles âgées de 20 mois, tandis qu’un autre groupe suivait un régime de restriction calorique de 24 %, similaire au régime des animaux traités. Les auteurs ont observé de nombreuses similitudes entre les deux groupes, la plupart des mesures physiologiques restant stables.

   Cependant les souris traitées par la semaglutide ont dépassé les niveaux basaux en comportement exploratoire, en mémoire spatiale et en maintien de la glycémie. Les groupes différaient également par le taux métabolique, qui diminuait chez les animaux sous restriction calorique, mais restait pratiquement inchangé chez les souris traitées par la semaglutide.

   « Ces différences suggèrent la possibilité que les médicaments GLP-1 agissent sur une voie biologique indépendante de la restriction calorique. Découvrir cette voie potentielle et les bénéfices qui pourraient en découler spécifiquement serait une direction importante pour les recherches futures sur le développement d’interventions visant à promouvoir la longévité », soulignent les auteurs.

    Bien que ces résultats puissent orienter des recherches futures, cela n’implique pas que des résultats similaires puissent être obtenus immédiatement chez l’homme. Des essais cliniques supplémentaires seront nécessaires, comme l’analyse post-hoc récente de l’essai SLIM LIVER, afin de déterminer l’efficacité clinique des GLP-1 sur la longévité des patients.

   Des recherches cliniques futures pourraient également explorer les bénéfices chez les personnes âgées en bonne santé, ce qui élargirait considérablement l’application des GLP-1.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.