Des milliers de nouvelles mamans souffrent d’un trouble de stress post-traumatique non diagnostiqué après l’accouchement

6 septembre 2026



Selon un rapport de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni), des dizaines de milliers de jeunes mères dans tout le Royaume-Uni pourraient souffrir d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT) non diagnostiqué après l’accouchement. Le travail est publié dans le ‘British Journal of General Practice’.

L’analyse suggère que le traumatisme émotionnel et psychologique qui suit la naissance peut passer inaperçu ou être mal diagnostiqué lors des consultations postnatales avec le médecin traitant, en raison de multiples facteurs contributifs.

L’alerte survient à la suite de deux rapports accablants sur les services de maternité et de néonatologie en Angleterre, élaborés par la baronne Amos et Donna Ockenden, et en réponse à l’inquiétude croissante concernant la santé mentale maternelle.

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) peut se développer après une grossesse ou un accouchement difficile et provoquer des symptômes tels que des souvenirs intrusifs, des cauchemars, de l’anxiété et des pensées négatives persistantes.

Désormais, l’équipe de l’UEA appelle le système de santé britannique à donner aux médecins généralistes de meilleurs outils pour identifier les jeunes mères souffrant de TSPT et ainsi éviter que davantage de femmes ne soient négligées.

Selon des chiffres récents, le suicide est resté la principale cause de mortalité chez les femmes au Royaume-Uni entre les six semaines et l’année suivant l’accouchement durant la période 2021-2023. Les chercheurs décrivent ces décès comme la « pointe de l’iceberg », arguant que bien d’autres femmes vivent avec de graves problèmes de santé mentale sans pouvoir accéder au soutien nécessaire.

La chercheuse principale et médecin généraliste, la docteure Megan Foreman, de la faculté de médecine de Norwich de l’UEA, affirme : « Les recherches montrent qu’environ une femme sur vingt après l’accouchement développe un TSPT, ce qui équivaut à des dizaines de milliers de mères dans tout le Royaume‑Uni. Généralement, il survient après une grossesse ou un accouchement traumatique, mais il peut aussi se manifester après un accouchement sans complication médicale ».

Les conséquences d’un traumatisme lié à l’accouchement non traité pour les femmes et leurs familles peuvent être étendues. « Certaines femmes deviennent tellement anxieuses qu’elles recherchent sans cesse la reassurance des professionnels de la santé, tant pour elles que pour leur bébé. D’autres évitent totalement les services sanitaires, même lors de grossesses futures », souligne l’experte.

« Elles peuvent aussi demander des césariennes électives à des stades ultérieurs de la grossesse afin de retrouver un sentiment de contrôle. D’autres peuvent rejeter les soins médicaux recommandés ou privilégier un accouchement à domicile, même pour des grossesses à haut risque, pour éviter des interventions associées à leur expérience antérieure », précise Foreman.

Le principal problème est que les médecins généralistes, en pratique, « diagnostiquent à l’aveugle » car ils manquent d’informations et d’outils pratiques pour réaliser des évaluations adéquates.

Bien que le traumatisme obstétrical soit évoqué dans les directives nationales du NICE et du NHS England, le nouveau rapport démontre que les médecins généralistes ne reçoivent pas de conseils concrets sur la manière de mesurer la gravité, d’évaluer le risque ou de déterminer qui nécessite une prise en charge spécialisée.

Il suggère aussi que bon nombre de professionnels de la santé, y compris les médecins généralistes, manquent de confiance et de compétences pour soutenir les femmes touchées par des traumatismes liés à l’accouchement.

« Les médecins généralistes sont en position privilégiée pour repérer les signaux d’alerte. Mais sans meilleures données et outils pratiques, de nombreuses mères souffrant de TSPT lié à l’accouchement risquent de devoir faire face seules, sans le soutien nécessaire », concluent les auteures.

Cette étude a été conduite par l’University of East Anglia (UEA) en collaboration avec la City, University of London, et l’Université de Birmingham.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.