Ménopause : une date précise, mais les symptômes peuvent débuter jusqu’à 10 ans avant

19 août 2026



   La gynécologue du Centre hospitalier Quirónsalud de Vitoria (Álava), le docteur Laura Barbero, a précisé qu’il existe « une erreur de notion » en matière de ménopause, car celle-ci « est en réalité la date du dernier cycle menstruel », ce qui signifie que ce n’est pas une étape mais une date précise.

   Par conséquent, elle a exprimé que la confusion entourant la ménopause, qui survient en moyenne autour de 50 ans, se voit « même dans la manière de nommer ce processus ». À cet égard, elle a indiqué qu’on l’associe habituellement au moment où disparaît la menstruation, mais les changements hormonaux peuvent commencer bien plus tôt.

   « Des troubles du sommeil, des bouffées de chaleur ponctuelles, l’irritabilité, des modifications du cycle, des palpitations ou des difficultés de concentration figurent parmi les signes que bon nombre de femmes commencent à remarquer des années avant le dernier cycle », a-t-elle précisé, ajoutant que cette période qui se prolonge jusqu’après la ménopause s’appelle le climactère et comprend aussi des modifications d’humeur et une diminution de la libido.

   Selon Barbero, « le climactère commence généralement environ dix ans avant le dernier cycle et se prolonge jusqu’à la fin de la vie de la femme ». Pendant cette période, « il est très fréquent que les symptômes apparaissent de manière intermittente », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’« il existe des phases où la femme se trouve totalement asymptomatique et d’autres périodes où ces symptômes réapparaissent ».

   « Cette évolution irrégulière résulte du fait que la fonction ovarienne ne disparaît pas de manière linéaire », a-t-elle poursuivi, précisant que « dans les années qui précèdent la ménopause, il peut y avoir une alternance de cycles avec des niveaux hormonaux normaux et d’autres où les œstrogènes commencent à diminuer ». « C’est pourquoi certaines femmes ressentent des mois où elles vont bien et d’autres où ce n’est pas le cas », a-t-elle ajouté.

BEAUCOUP DE FEMMES SIGNALENT LE ‘BROUILLARD MENTAL’

   Pour approfondir la symptomatologie, elle a évoqué ce qu’on appelle le « brouillard mental », car « certaines femmes décrivent des oublis quotidiens, une sensation de lenteur ou des difficultés de concentration ». Il ne s’agit ni d’une maladie ni d’un diagnostic formel, mais c’est un symptôme que les femmes rapportent de manière constante lors des consultations, a-t-elle assuré, ajoutant que « cela peut être lié à des problèmes de concentration, à des perturbations émotionnelles ou à un manque de repos, surtout lorsque surviennent des éveils nocturnes ».

   Elle a également fait remarquer que la diminution hormonale peut provoquer d’autres changements progressifs, tels que « une perte d’élasticité de la peau, la sécheresse vaginale, des gênes lors des rapports, des infections urinaires récurrentes ou des problèmes d’incontinence ». « À long terme, des modifications liées à la santé osseuse et cardiovasculaire peuvent aussi apparaître », a-t-elle ajouté.

   « Il y a une diminution de la densité minérale osseuse et une série de changements qui peuvent accroître le risque cardiovasculaire », a insisté cette spécialiste, et « des modifications du profil lipidique peuvent aussi survenir, comme une augmentation des triglycérides et du cholestérol LDL, une diminution du cholestérol HDL ou une résistance accrue à l’insuline ».

   Après avoir expliqué que « beaucoup de femmes remarquent aussi des changements de poids ou de composition corporelle », car la ménopause « peut modifier la répartition des graisses », elle a souligné la nécessité de ne pas traverser cette période « avec de la désinformation ou de la résignation ». « La première recommandation consiste à maîtriser les facteurs de risque cardiovasculaire, à maintenir un poids sain et à prêter attention à des paramètres tels que la pression artérielle, le cholestérol ou la glycémie », a-t-elle souligné.

   En outre, elle a présenté « des mesures non pharmacologiques avec des preuves », consistant en « le régime méditerranéen et la pratique régulière d’exercice ». Celui-ci « devrait combiner une activité aérobique, un travail de renforcement musculaire et des exercices d’équilibre et de coordination », a-t-elle insisté.

   Enfin, elle a indiqué qu’il existe aussi diverses options thérapeutiques, hormonales et non hormonales, qui doivent être évaluées de manière individuelle en fonction de l’âge, des symptômes, des antécédents personnels et des besoins de chaque femme. « L’objectif est d’identifier et de traiter les symptômes qui affectent la qualité de vie de la femme », a conclu.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.