Le Trésor Public reproche que le rapport sur l’incidence du Statut-cadre n’évalue pas l’impact des coûts de personnel

14 septembre 2026



Le ministère des Finances a fustigé le fait que la mémoire du diagnostic d’impact normatif du Projet de Loi sur le Statut Cadre n’évalue pas son incidence sur les coûts du personnel, estimant que les justificatifs avancés pour ne pas réaliser l’étude ne pouvaient être acceptés.

« Le texte ne comporte aucune analyse concernant l’incidence sur les coûts du personnel, admettant, dans certains cas, l’impossibilité d’en faire une estimation, compte tenu de la diversité des situations de départ et des régimes de rémunération existants dans les services de santé des communautés autonomes et, dans d’autres cas, affirmant que l’évaluation des coûts se formulera lors du développement de la loi », expose le rapport.

Le document du ministère des Finances, ainsi que ceux envoyés par d’autres ministères et organismes, joint à la mémoire et au texte de la norme remis par le ministère de la Santé, dans lesquels assure le département dirigé par Mónica García que « n’a pas pour objectif d’obtenir un effet économique direct, mais d’améliorer les conditions de travail du personnel statutaire et le fonctionnement du Système national de Santé (SNS), avec un impact économique exclusivement indirect via la santé de la population ».

« Aucun effet n’est prévu sur les prix, la productivité, la concurrence, l’unité de marché ni les PME, puisqu’il s’agit d’un emploi public majoritairement », ajoute-t-il, tout en exposant que « le seul effet quantifiable et pertinent est l’impact budgétaire direct analysé dans le paragraphe correspondant ».

INVESTISSEMENT DE PRESQUE 250 MILLIONS D’EUROS PRÉVU POUR LA PREMIÈRE ANNÉE SI LA NORMA EST APPROUVÉE

Quoi qu’il en soit, et reconnaissant que la norme « affecte les budgets de l’Administration générale de l’État (AGE) », ainsi que « les budgets d’autres administrations territoriales », elle chiffre l’impact économique pour la première année à 249 568 972,08 euros, tandis que pour les cinq premières années il est de 1 892 518 714,1.

Face à cela, et après avoir souligné les « conséquences sur les dépenses de personnel et sur l’organisation des services de santé » que entraînera la nouvelle loi, Hacienda indique qu’il faut « quantifier les effets économiques » et « identifier le financement que l’État apportera pour compenser les communautés autonomes en cas d’augmentation des dépenses et couvrir les effets sur les futurs exercices ». De fait, argumente que « l’évaluation de l’impact budgétaire doit être réalisée de manière individualisée » pour chacune d’elles.

En ce sens, identifie « des mesures pertinentes avec potentiel impact budgétaire direct sur les communautés autonomes », comme les modifications des horaires du personnel statutaire; la régulation rétributive; le développement professionnel et la carrière; les mesures de mobilité; les compléments, incitations et autres concepts rétributifs, et d’autres obligations organisationnelles associées au personnel.

« Le changement de classification professionnelle et du schéma des rémunérations de base du personnel statutaire est l’un des éléments les plus importants du nouvel Statut, qui ne devrait pas être adopté car il s’écarte du système en vigueur pour l’ensemble de la fonction publique », ajoute Hacienda, qui déplore « une explication détaillée des équivalences entre le système actuel et la nouvelle classification ».

Par ailleurs, expose, « on ne peut accepter l’existence de rémunérations de base qui diffèrent de celles du personnel fonctionnaire car, en plus de rompre avec l’un des rares éléments d’homogénéité du système rétributif, cela se traduireait par une augmentation importante des coûts ».

D’autres aspects mentionnés sont « une rédaction peu claire » sur la compensation économique pour l’abus de la temporalité et la nécessité de supprimer la prévision d' »un nombre additionnel de postes financés par de futures offres d’emploi public ».

ECONOMIE EXIGE UNE ESTIMATION EN CALCULS APPROXIMATIFS

Pour sa part, le Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Entreprise a également transmis un rapport relatif au Projet de Loi de Statut Cadre, dans lequel « se réitèrent les observations que ce département a formulées devant la Commission gouvernementale déléguée pour les Affaires économiques le 25 mai dernier ».

Ainsi, et en ce qui concerne l’évaluation de l’impact budgétaire inclus, il est indiqué que « on réalise une analyse des mesures susceptibles d’avoir un impact, sans la quantifier », compte tenu « de l’hétérogénéité des situations organisationnelles et des modèles de gestion existants ». « Si la quantification n’est pas possible, il convient de démontrer que, malgré cela, l’impact budgétaire peut être pris en charge sans nécessiter de modifications budgétaires », explique-t-il.

Dans ce cas, ajoute le document, « la nécessité de modifications budgétaires par les administrations publiques est toutefois prévisible, notamment pour les budgets des communautés autonomes », argue-t-il, pour indiquer, par conséquent, qu' »il serait adéquat d’effectuer cette estimation, même par des calculs approximatifs ».

Par ailleurs, le rapport se réfère également à des aspects concrets, tels que l’introduction de l’incompatibilité d’une seconde activité ou d’un poste dans le secteur privé pour des postes intermédiaires, ce qui « manque de justification dans la Mémoire du diagnostic d’impact normatif en termes d’intérêt public ». Toutefois, et bien que certains domaines nécessitent amélioration, il évalue « de façon favorable » la proposition relative à l’incapacité permanente en la rapprochant du Statut des Travailleurs.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.