La ministre de la Santé, Mónica García, a réitéré ce lundi, au lendemain de sa visite à Ceuta, que « nous sommes très loin » d’un effondrement sanitaire dans la ville autonome, mais elle réclame la mise à disposition d’espaces publics pour accueillir les immigrés dans des conditions salubres, afin de pouvoir leur prodiguer des soins adaptés, assurer leur suivi et mener des investigations épidémiologiques afin d’éviter d’éventuels foyers.
« La situation, sachant qu’elle est caractérisée par une importante pression sur l’offre de soins, n’a pas évolué vers un effondrement, car c’est un terme technique qui désigne le moment où l’on ne peut plus fournir davantage de ressources, où la demande vous dépasse et où vous devez faire revenir les collègues en congé, solliciter l’aide d’autres communautés autonomes ou envisager que les patients ceutéens ne puissent pas être pris en charge. Nous sommes très loin de ce scénario », a assuré la ministre dans des déclarations à TVE, relayées par Europe Press.
En ce sens, elle a précisé que « l’assistance normale pour les Ceutéens n’a pas été interrompue, et les chiffres dont nous disposons montrent qu’ils ont pu se rendre normalement dans leurs centres de santé, leurs urgences et leur hôpital, car les circuits ont été renforcés et nous avons bénéficié de la collaboration de la Croix-Rouge, d’ONG et d’associations qui travaillent sur le terrain et qui collaborent avec nous pour prévenir certaines pathologies susceptibles d’atteindre l’hôpital ».
La ministre a reconnu le « sur‑soulèvement » des professionnels de santé dans cette situation. « C’est pourquoi nous avons déployé 60 professionnels supplémentaires, jusqu’au 31 août, et nous évaluerons s’il faut poursuivre ce renfort. Nous avons mené un effort à Ceuta et Melilla, qui relève de nos compétences, en renforçant les équipes autour des services d’urgence d’environ 17 %, le reste des équipes étant inchangé. Nous disposons d’une dotation organique de 1 000 professionnels et, pourtant, nous avons 1 465 personnes sous contrat ».
Face à cette situation, elle a de nouveau réclamé comme « l’urgence » absolue de donner des conditions de salubrité et d’habitation aux immigrés qui continuent à errer dans les rues de Ceuta. « Nous cherchons des solutions partagées pour trouver des lieux habituels, salubres et sûrs, qui puissent nous céder des espaces afin de pouvoir les héberger », a-t-elle déclaré, ajoutant que « il n’y a ni manque de médicaments ni de soins », mais plutôt un manque d’endroits où pouvoir les prendre en charge et leur assurer un suivi.
En ce sens, elle a expliqué que la Défense a déjà mis à disposition des lieux publics et des installations à cette fin, mais García a réclamé que la ville cède des installations comme cela s’est produit lors de l’entrée massive de 2021.
« En 2021 Ceuta a mis à disposition des installations qui ne sont plus disponibles aujourd’hui et que nous réclamons parce que ce qui est en jeu, c’est la prévention de la santé publique. Jusqu’à présent nous avons détecté peu de cas d’infections bénignes (gastro-intestinales, dermatologiques…), qui résultent des conditions de promiscuité et d’insalubrité des immigrés, c’est pourquoi nous demandons que l’on fasse la même chose qu’en 2021 ».
La ministre a indiqué que « il y a quelques jours Ceuta a compris que, au-delà de la question de savoir s’il faut renvoyer ou non, ceux qui sont là doivent être pris en charge, soignés et bénéficier de conditions dignes. La ville a mis à disposition quelques hangars et davantage de douches, redoublé les efforts d’assainissement, car les compétences en santé publique relèvent de la ville. Il semble qu’il y ait une certaine réceptivité à nous faire prendre en charge collectivement cette situation et à prévenir des situations d’insalubrité qui pourraient donner lieu à des infections ».
García a conclu en insistant sur le fait que le Gouvernement est « dès le premier moment » à Ceuta parce que le Ministère de la Santé détient les compétences en matière d’assistance sanitaire.
Selon elle, « la gestion, ce que nous avons appris pendant la pandémie en matière de logistique adaptée à la situation, a permis d’éviter tout effondrement puisque la moitié de l’hôpital dispose de lits libres, 60 professionnels supplémentaires ont été recrutés, l’assistance sanitaire diminue chaque jour et aucune chirurgie ni prise en charge des Ceutéens n’a été suspendue ».