Fumer des cigarettes provoque une inflammation chronique des tissus pulmonaires et constitue un facteur de risque important pour le cancer du poumon. Cependant, les mutations habituellement associées au cancer du poumon, notamment les altérations de KRAS et TP53, ne suffisent pas à elles seules à déclencher le cancer dans des cellules pulmonaires normales.
Une étude de la faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins (États-Unis) révèle les voies moléculaires par lesquelles l’exposition chronique à la fumée de cigarette crée les conditions précurseurs du cancer du poumon non à petites cellules.
Les travaux sont publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Les chercheurs ont exposé des modèles d’organoïdes pulmonaires au condensat de fumée de cigarette afin d’étudier comment l’exposition chronique au condensat de fumée altère les cellules pulmonaires normales avant la formation de la tumeur.
Les cellules des organoïdes ont répondu à l’inflammation en développant épigénétiquement un état d’échappement immunitaire, caractérisé par une régulation négative des voies inflammatoires et des signaux de mort cellulaire.
LES CELLULES SOUCHES ÉVOLUENT VERS DES ÉTATS PRÉMALIGNES
Les populations de cellules souches ont évolué par diverses voies vers des états prémalignes qui ont réagi différemment aux mutations causant le cancer KRAS G12V et à la perte de Tp53. Les réponses à ces mutations ont conduit au développement de différents sous-types de cancer du poumon non à petites cellules dans les modèles.
Les résultats suggèrent que le développement du cancer du poumon est déterminé à la fois par la mutation génétique sous-jacente et par l’état moléculaire de la cellule dans laquelle ladite mutation prend naissance. Selon les auteurs, découvrir les conséquences génétiques et épigénétiques du tabagisme pourrait améliorer la prédiction du risque de cancer, ainsi que les méthodes de détection précoce.