Comment éviter que la pression de profiter de l’été gâche la fin des vacances

28 août 2026



   Oliver Serrano, directeur du Master en Psychologie Générale Sanitaire de l’Université européenne des Canaries, avertit que le désir d’optimiser chaque seconde de l’été peut empêcher de profiter de la fin des vacances. « Le cerveau recrée le retour au travail de manière si vive que le corps se stresse avant même que cela n’arrive », déclare-t-il.

   Le refus de reprendre la routine quotidienne agit comme un miroir qui révèle si le problème réel est la fin de l’été ou l’insatisfaction envers notre vie habituelle. La remontée imminente vers la routine après les vacances éveille souvent chez les voyageurs un mélange involontaire de nostalgie, de tristesse et de résistance au changement de rythme.

   « Lorsque nous savons que quelque chose de bien est sur le point de se terminer, une partie de notre esprit commence déjà à dire adieu », explique-t-il. Cette anticipation du deuil consume notre énergie bien avant le retour, nous empêchant d’être présents dans le repos et ajoutant une couche de culpabilité inconfortable avant le retour à la routine.

   Cette frénésie de presser le temps résulte de la manière dont le cerveau traite et stocke les expériences, attribuant à la conclusion d’une expérience un poids disproportionné par rapport à son déroulement.

   Instinctivement, l’être humain cherche à ce que ce dernier bain, ce dernier coucher de soleil ou ce dîner d’adieu soient mémorables afin de bâtir un récit mental positif pour le reste de l’année. Cependant, Serrano met en garde que lorsque ce désir se transforme en une auto-exigence rigide, « l’intensité forcée finit par tuer la spontanéité et par générer plus de stress que de plaisir ».

   La mémoire anticipatrice est responsable du fait que la dernière semaine se perçoive comme étrangement courte sur le plan cognitif, en raison de sa capacité à simuler avec une clarté étonnante des scénarios futurs indésirables.

    Pour le psychologue, anticiper mentalement le son du réveil, le trafic de retour ou les réunions ennuyeuses consomme l’attention dont nous aurions besoin pour profiter du présent. « Cette simulation mentale est si vivide qu’elle génère dans le corps les mêmes réponses de tension émotionnelle et physique que si nous étions déjà au bureau », souligne Serrano.

   Dans ce processus de transition, Serrano affirme qu’un rituel symbolique comme le « dernier bain » possède une grande valeur thérapeutique s’il est abordé avec la bonne attitude. Mettre fin de manière consciente à un cycle aide à faire le travail de deuil avec gratitude pour ce qui a été vécu, évitant de traîner la mélancolie estivale pendant des semaines.

   Cependant, il précise que si le rituel est vécu avec anxiété ou colère, il agit comme un miroir inconfortable de notre réalité quotidienne : « si le retour provoque autant de rejet, parfois ce qui nous perturbe à la fin de l’été n’est pas que les vacances se terminent, mais ce que nous devons reprendre ».

   Le directeur du Master en Psychologie Générale Sanitaire de l’Université européenne des Canaries rappelle que ce qu’on appelle le « syndrome postvacances » n’est pas une pathologie médicale, mais une réponse biologique normale à un changement de rythme. Le corps et l’esprit ont besoin de quelques jours d’ajustement naturel, tout comme il nous faut du temps pour nous adapter à un lit inconnu ou à un nouveau fuseau horaire.

   Cependant, Serrano avertit que si cette fatigue ou ce désenchantement persiste après plusieurs semaines, les vacances n’auront pas causé le problème, mais auront simplement mis en évidence un vide préexistant nécessitant une attention professionnelle.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.