Cesida lance une campagne contre le langage stigmatisant et les discours de haine envers les personnes vivant avec le VIH

2 septembre 2026



La Coordinadora Estatal de VIH y sida (Cesida) a lancé « Le langage comme véhicule de la stigmatisation », une campagne de sensibilisation conçue et menée par des personnes vivant avec le VIH qui cherche à lutter contre le langage stigmatisant et les discours de haine.

À travers plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, l’initiative montre comment le langage peut être un véhicule de stigmatisation, mais aussi un outil pour démanteler les préjugés, favoriser la compréhension et lutter contre la discrimination.

Selon Cesida, la campagne s’inscrit dans un contexte où persistent des messages de haine, de sérophobie et une méconnaissance des preuves scientifiques sur le VIH dans les réseaux sociaux et les médias. Face à des discours qui répandent la peur, le rejet ou la culpabilisation, les personnes participantes élaborent leurs propres messages pour remettre en question les idées préconçues et discriminatoires.

« En Espagne, on ne dit plus « A quien madruga, Dios le ayuda » ; on dit « Les analyses, de huit à dix ». » Cet exemple résume l’angle créatif des vidéos, qui misent sur l’humour et la reformulation d’expressions quotidiennes pour rapprocher leurs réalités du public et ouvrir une réflexion sur le langage utilisé.

Filmées dans divers espaces du quotidien, comme les centres de santé, les clips intègrent aussi des exemples réels de messages de haine et de discrimination recueillis sur les réseaux sociaux. Ce sont des commentaires adressés à la fois aux personnes vivant avec le VIH et à d’autres à qui l’on associe le virus sur la base de préjugés. De plus, les vidéos comprennent des informations basées sur des preuves scientifiques et une invitation à se faire dépister pour le VIH.

Cesida souligne que la participation des personnes vivant avec le VIH a été centrale dès la conception de la campagne. Ainsi, après une première session de formation dirigée par une professionnelle de la communication et une seconde session pratique, un groupe focal composé de personnes vivant avec le VIH a élaboré les contenus avec le soutien de Cesida.

Durant ce processus, il a été analysé comment le langage contribue à la reproduction de la stigmatisation et comment il influence la perception que l’on a de soi-même et des autres. On a également travaillé sur la manière dont il peut devenir un outil par lequel transformer les réalités et combattre les contextes discriminatoires. Tout cela dans le but de sensibiliser au fait que, malgré la persistance d’un langage stigmatisant envers certains groupes, l’ensemble de la population peut être exposé à la transmission du virus.

Cette méthodologie vise à contribuer à l’autonomisation des personnes vivant avec le VIH, renforcer leur capacité à construire leurs propres messages et intervenir dans le débat public. Les personnes participantes sont autrices et protagonistes d’une initiative qui revendique leur droit à décider de la façon dont elles veulent être représentées et à contribuer activement au changement des discours qui affectent leur vie.

La campagne « Le langage comme véhicule de la stigmatisation », développée autour du fil conducteur « En Espagne, on ne dit plus », fait partie du projet « Action contre la stigmatisation associée au VIH », financé par le Ministère des Droits sociaux, de la Consommation et de l’Agenda 2030 du Gouvernement espagnol, via l’appel à subventions destiné à des activités d’intérêt général reconnues d’intérêt social.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.