Ariel Déniz-Robaina, psychologue, recommande PECA pour prévenir le suicide chez les adolescents

10 septembre 2026



Le psychologue Ariel Déniz-Robaina a proposé la méthode PECA, fondée sur interroger, écouter, convaincre et accompagner, comme protocole d’intervention face à des situations d’idéation ou de comportement suicidaire chez les adolescents, à l’occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide.

Déniz-Robaina a averti que les chiffres du suicide chez les adolescents reflètent un « problème structurel profond » et il a défendu la nécessité de doter la société d’outils pratiques pour agir face à ces situations.

À cet égard, il rappelle qu’en Espagne, plus de 3 800 suicides ont été enregistrés en 2025, selon les dernières données provisoires de l’Institut national de statistique (INE). Parmi eux, 101 concernaient des jeunes âgés de 10 à 19 ans, ce qui représente une hausse de 12 % par rapport aux chiffres enregistrés par la même entité l’année précédente et une progression de 53 % dans cette tranche de population par rapport à 2015.

Réduire ces décès passe par la mise à disposition de la société d’outils pratiques. C’est pourquoi nous recommandons la méthode PECA, un protocole composé de quatre actions simples que chacun peut utiliser pour prévenir le suicide à partir de notre entourage le plus proche », affirme-t-il.

EN QUOI CONSISTE LA MÉTHODE PECA ?

La première étape de la méthode PECA consiste à interroger directement et avec empathie l’adolescent, en créant un espace de confiance qui facilite l’expression de ses pensées et de ses sentiments. Dans ce contexte, Déniz-Robaina recommande de ne pas promettre la confidentialité et rappelle qu’il est possible de recourir au numéro 024 lorsque cela est nécessaire.

La deuxième étape est d’écouter, en prenant au sérieux toute menace ou tout signe de suicide et en évitant de minimiser la souffrance, d’émettre des jugements de valeur ou de proposer des solutions hâtives. L’objectif est d’aider la personne à s’exprimer et à gagner du temps pendant que l’on recherche une aide spécialisée.

La troisième action, convaincre, vise à transmettre à l’adolescent qu’il existe une possibilité de recevoir de l’aide et qu’il est nécessaire de gagner du temps pour la trouver. Pour cela, il recommande d’offrir du soutien, de l’accompagner dans la recherche d’une assistance professionnelle et d’identifier des personnes de confiance vers qui il peut se tourner si les pensées suicidaires réapparaissent.

Enfin, accompagner consiste à faciliter l’accès de l’adolescent à des professionnels spécialisés. En cas de non-localisation ou s’ils ne sont pas disponibles, Déniz-Robaina recommande d’appeler le numéro 024 pour obtenir une orientation professionnelle immédiate.

« La prévention est le principal moyen de freiner cette hausse inquiétante des cas et d’éviter que l’on continue à perdre la vie de tant de jeunes », a déclaré le psychologue, qui estime que prévenir la souffrance et doter l’entourage d’outils accessibles peut faire la différence.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.