Diabète et rein : un test urinaire simple pourrait aider à choisir le traitement GLP-1 ou SGLT2

17 septembre 2026



Une nouvelle étude menée par des chercheurs du Mass General Brigham (États-Unis) a révélé que les agonistes du récepteur GLP-1 et les inhibiteurs de SGLT2 réduisent le risque de détérioration rénale chez les patients diabétiques présentant une protéinurie (un signe de lésion rénale) avant le traitement. Cependant, les chercheurs ont trouvé peu de preuves d’un bénéfice rénal chez les patients dépourvus de protéinurie.

Ils ont également démontré que les sulfonylurées, une classe de médicaments pour le diabète plus ancienne, provoquaient une détérioration plus rapide de la fonction rénale chez les patients diabétiques dépourvus de protéinurie. Les résultats ont été publiés dans le BMJ.

Le diabète de type 2 augmente le risque de maladie rénale chronique, ce qui rend la prévention de l’insuffisance rénale essentielle dans le traitement. Les médicaments les plus récents pour le diabète, notamment les inhibiteurs du GLP-1 et ceux de SGLT-2, peuvent réduire le risque de maladie rénale, mais des études antérieures incluaient une grande proportion de patients présentant déjà des signes de lésion rénale, ce qui rend difficile de déterminer si les résultats s’appliquent à des patients sans atteinte rénale.

UN SIMPLE TEST D’URINE POURRAIT AIDER À CHOISIR LE TRAITEMENT

«Notre étude démontre que nous devons adapter le traitement du diabète à chaque patient plutôt que d’appliquer une approche standardisée», déclare l’auteur principal, le docteur Alexander Turchin, de la division d’endocrinologie du service de médecine du Mass General Brigham Hospital.

« Une simple épreuve d’urine pourrait aider les médecins à déterminer si un patient peut bénéficier de la protection rénale offerte par les agonistes du récepteur GLP-1 ou par les inhibiteurs de SGLT-2, et si les sulfonylurées pourraient constituer un risque supplémentaire », explique-t-il.

Les chercheurs ont analysé les données de dossiers médicaux de 75 455 patients atteints de diabète de type 2 à travers les États‑Unis, dont 13 872 présentaient une protéinurie. Ils ont suivi les patients pendant au maximum cinq ans et comparé le risque de développer une maladie rénale chronique entre ceux à qui des inhibiteurs du GLP-1 et des inhibiteurs de SGLT‑2 avaient été prescrits et ceux à qui des sulfonylurées ou des inhibiteurs de DPP‑4 avaient été prescrits. Tous les patients avaient un risque cardiovasculaire modéré et recevaient la metformine comme médicament principal pour le diabète.

GLP-1 ET SGLT2, AVEC UN BÉNÉFICE PLUS IMPORTANT CHEZ LES PATIENTS PRÉSENTANT UNE PROTÉINURIE

Chez les patients présentant une protéinurie, les inhibiteurs du GLP-1 et ceux du SGLT-2 ont été associés à des résultats rénaux substantiellement meilleurs par rapport aux inhibiteurs de la DPP-4, mais ils n’ont pas semblé apporter de bénéfice rénal significatif chez les patients dépourvus de protéinurie. Parmi les patients dépourvus de protéinurie au début de l’étude, le traitement par sulfonylurées a été associé à un risque accru de détérioration rénale par rapport aux inhibiteurs de la DPP-4.

Les chercheurs affirment qu’il est nécessaire de réaliser davantage d’études afin d’identifier des thérapies permettant de prévenir la maladie rénale chez la grande population de patients atteints de diabète de type 2 dépourvus de protéines dans l’urine.

«Ces résultats nous permettront d’individualiser les choix médicamenteux afin qu’ils bénéficient au maximum au patient réel devant nous, et non à la supposée «personne moyenne»», souligne Turchin. «Les patients et leurs médecins doivent analyser comment équilibrer ces différents risques et bénéfices dans leurs circonstances particulières lors du choix des traitements pour le diabète de type 2.»

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.