Radiothérapie par protons à mini-faisceaux rend le glioblastome plus vulnérable et préserve le cerveau sain dans des modèles précliniques

11 septembre 2026



   Une équipe de recherche du Centre de Recherche en Médecine Moléculaire et Maladies Chroniques (CiMUS) de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle (USC), dirigée par l’investigatrice Yolanda Prezado, a découvert que la protonthérapie avec des minibeams peut rendre le glioblastome plus vulnérable tout en préservant les mécanismes liés à la fonction neuronale dans le cerveau sain.

   Les résultats, obtenus dans des modèles précliniques de glioblastome, montrent que cette modality de radiothérapie déclenche des réponses biologiques différentes dans la tumeur et dans le tissu cérébral sain, selon le groupe de recherche.

   L’étude, publiée dans une revue scientifique spécialisée en radiothérapie oncologique, suggère que la protonthérapie avec des minibeams (pMBRT) induit dans la tumeur des changements métaboliques potentiellement associés à une sensibilité accrue à la radiothérapie.

   Parallèlement, dans le cerveau sain, cette technique préserve des protéines liées aux connexions et à la fonction neuronale qui peuvent être affectées par une irradiation conventionnelle.

   « Une même stratégie d’irradiation semble induire dans la tumeur des modifications compatibles avec une plus grande vulnérabilité à la radiothérapie, tout en préservant des mécanismes essentiels du cerveau non touché », déclare l’investigatrice Oportunius de l’Agence Galicienne pour l’Innovation de la Xunta et responsable de l’étude, Yolanda Prezado.

   L’équipe estime que cette double réponse peut aider à expliquer les résultats prometteurs que la pMBRT a montrés jusqu’à présent dans des modèles précliniques de glioblastome et renforce son potentiel pour progresser vers des essais chez l’homme.

   Pour analyser les mécanismes radiobiologiques de cette technique, les chercheurs ont réalisé un profil protéomique non ciblé et comparé la protonthérapie avec minibeams à la radiothérapie conventionnelle par protons dans un modèle ortotopique de glioblastome chez le rat.

   La pMBRT est une modalité d’irradiation spatiale fractionnée qui vise à combiner les avantages dosimétriques de la protonthérapie avec les effets biologiques associés à l’utilisation de minibeams.

   Selon le CiMUS, des études antérieures sur des modèles animaux ont décrit des effets neuroprotecteurs à long terme après l’irradiation cérébrale, tandis que des travaux récents ont apporté les premières preuves de faisabilité clinique de ce concept par le traitement de patients aux États-Unis avec des minibeams d’irradiation X de faible énergie.

   Les chercheurs soutiennent que, dans l’ensemble, les nouveaux résultats étayent le potentiel de la pMBRT pour sensibiliser les tumeurs à la radiothérapie et, simultanément, réduire les dommages sur le tissu cérébral sain.

   Le glioblastome est une tumeur cérébrale à croissance rapide et à l’agressivité élevée pour laquelle les options thérapeutiques actuelles restent limitées. Le principal défi de la radiothérapie chez ces patients est d’attaquer la tumeur tout en minimisant les dommages aux zones du cerveau qui ne sont pas touchées.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.