Le diagnostic précoce du syndrome ovarien métabolique polyendocrinien peut protéger la fertilité

2 septembre 2026



La gynécologue de Ginemed à Séville, Elena Troncoso, a souligné qu’un diagnostic précoce du syndrome ovarien métabolique poliendocrinien (SOMP) peut protéger la fertilité et la santé à long terme.

On estime que le SOMP, jusqu’alors connu sous le nom de syndrome des ovaires polykystiques (SOP), touche une femme sur huit. Cependant, de nombreuses femmes ne reçoivent pas le diagnostic avant d’envisager une grossesse. Les spécialistes avertissent que dépister le syndrome tôt peut améliorer la prise en charge de ses implications reproductives et métaboliques tout au long de la vie.

Selon Troncoso, les premiers symptômes sont plus fréquents qu’il n’y paraît.

Ainsi, elle indique que des cycles menstruels irréguliers, de l’acné persistant ou une pilosité excessive accompagnent de nombreuses femmes pendant des années sans les relier à une perturbation hormonale susceptible d’avoir des répercussions sur la reproduction et le métabolisme.

Ces derniers mois, la communauté scientifique a proposé de remplacer le terme syndrome des ovaires polykystiques par le syndrome ovarien métabolique poliendocrinien. Pour la spécialiste, cette nouvelle dénomination reflète mieux la complexité d’une maladie qui n’affecte pas seulement l’ovaire, mais aussi entraîne des perturbations endocrines et métaboliques, telles que l’hyperandrogénie ou la résistance à l’insuline, qui peuvent influencer à la fois le fonctionnement ovarien et la santé reproductive de la femme.

Ce qui conditionne le plus la fertilité dans le SOMP, c’est que le développement et la maturation des ovules ne suivent pas un schéma régulier: l’ovulation peut apparaître de manière imprévisible ou disparaître pendant des mois.

À cela s’ajoutent, dans de nombreux cas, des niveaux élevés d’hormones androgènes et des perturbations métaboliques telles que la résistance à l’insuline, qui peuvent aussi influencer le fonctionnement des ovaires.

« Le principal signe d’alerte est l’irrégularité menstruelle persistante: des cycles très longs, peu de menstruations au cours de l’année ou des périodes prolongées d’aménorrhée. Sont également fréquentes des manifestations d’hyperandrogénie telles que l’hirsutisme, l’acné persistant ou l’alopécie androgénique », affirme Troncoso.

Pour la gynécologue, l’essentiel est de ne pas tolérer pendant des années des menstruations irrégulières de façon persistante ou des signes d’hyperandrogénie. « Un diagnostic précoce permet d’évaluer la santé reproductive et métabolique, de prévenir les conséquences de périodes prolongées d’anovulation et de réaliser un suivi approprié dès le plus jeune âge », a-t-elle réaffirmé.

LE SOMP N’EST PAS SYNONYME DE L’INFERTILITÉ

L’experte souligne que l’un des messages clés pour le grand public est que le SOMP n’implique pas automatiquement l’infertilité. « Le SOMP n’est pas synonyme d’infertilité. C’est un syndrome très hétérogène : certaines femmes conservent des ovulations régulières et tombent enceintes spontanément, tandis que d’autres présentent une oligo-ovulation ou une anovulation », précise la docteure.

D’autre part, elle rappelle que la fertilité dépend aussi de variables telles que l’âge, la réserve ovarienne, la perméabilité tubaire ou le facteur masculin, et que la prise en charge doit être individualisée dès la première consultation.

Outre l’évaluation médicale, le mode de vie peut jouer un rôle concret dans la gestion du syndrome et la santé reproductive. Troncoso souligne que l’alimentation saine, une activité physique régulière et l’évitement de la sédentarité constituent des piliers fondamentaux. Chez les femmes en surpoids, une réduction modérée du poids peut favoriser la régularité des règles et améliorer la probabilité d’ovulation, avec un impact tant sur la fertilité que sur une future grossesse.

OPTIONS DE TRAITEMENT

Lorsque le désir de grossesse est présent et que la principale cause d’infertilité est l’anovulation, l’objectif clinique initial est généralement de rétablir l’ovulation par des traitements d’induction de l’ovulation. « Beaucoup de patientes obtiennent ainsi la grossesse. Lorsque ces traitements ne suffisent pas ou qu’il existe d’autres facteurs d’infertilité, nous disposons d’autres échelons thérapeutiques, y compris la fécondation in vitro lorsque cela est indiqué », explique Troncoso.

La spécialiste insiste sur une idée centrale pour éviter des alarmes inutiles: il n’est pas toujours nécessaire de recourir à la procréation assistée, et de nombreuses femmes atteintes du SOMP parviennent à une grossesse spontanée ou avec des traitements simples.

Une fois la grossesse obtenue, la docteure rappelle que toutes les femmes n’ont pas besoin d’un suivi obstétrical différent de manière systématique, mais elles peuvent présenter une plus grande probabilité de complications métaboliques et obstétriques.

C’est pourquoi elle recommande d’optimiser la santé métabolique avant la gestation et d’accorder une attention particulière au contrôle de la glycémie et à la tension artérielle pendant la grossesse, en individualisant le suivi selon les facteurs de risque propres à chaque patiente.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.