CESM-Ceuta accuse Mónica García de nier les problèmes de soins à Ceuta et réclame davantage de ressources

31 août 2026



La Confederación Española de Sindicatos Médicos (CESM) et le Syndicat Médical de Ceuta (CESM-Ceuta) ont exigé à la ministre de la Santé, Mónica García, qu’abandonne la stratégie consistant à nier les problèmes d’assistance à Ceuta après la crise migratoire et qu’alloue au système de santé les ressources nécessaires pour garantir une prise en charge adéquate.

Ainsi, le syndicat médical a critiqué la « décevante intervention » de la ministre de la Santé, Mónica García, devant le Parlement, après qu’elle ait nié que le système sanitaire de Ceuta ait pu arriver à un effondrement en raison de la crise migratoire.

Pour le syndicat médical, dire que « la santé n’a jamais été en défaut » ne transforme pas une situation d’urgence en normale. L’organisation dénonce que les Urgences aient dû fonctionner pendant les vacances, l’Opération Paso del Estrecho et la pression migratoire actuelle avec sept médecins et sans renfort médical suffisant, tandis que le nombre d’assistances s’est multiplié.

« Et si, comme l’affirme la ministre, il n’existe aucune situation exceptionnelle, le CESM-Ceuta se demande pourquoi la direction s’est vue obligée de recruter des médecins volontaires pour assurer les gardes en Urgences », ajoute le communiqué.

CESM considère également que la ministre est surprenante en se targuant d’avoir recruté 90 professionnels pour renforcer l’assistance lorsque, selon elle, aucun d’entre eux n’est médecin. À cet égard, il estime qu’il n’est pas raisonnable de présenter comme renfort de la capacité médicale une unité qui ne compte pas de médecins.

Suite à cela, il souligne qu’il a été nécessaire d’ouvrir la zone Catastrophes des Urgences et d’aménager une aile hospitalière habituellement fermée, ce qui a doublé le nombre de lits disponibles alors que l’établissement faisait face à la situation avec environ la moitié du personnel habituel.

CESM-Ceuta rappelle que tant le Collège des Médecins que le Collège des Infirmiers ont averti publiquement de la gravité de la situation. Par conséquent, il considère que la ministre devrait écouter ceux qui travaillent chaque jour dans les services de santé de Ceuta plutôt que « tenter de construire depuis Madrid un récit qui ne correspond pas à ce qui se passe sur le terrain ».

DEMANDENT DES RESSOURCES POUR TRAITER LES MALADIES INFECTIEUSES

Concernant les maladies infectieuses, CESM-Ceuta estime nécessaire d’aborder cette question avec rigueur scientifique et sanitaire, sans préjugés ni alarmisme. « Il est peu compréhensible que la ministre concentre une grande partie de son intervention à nier certains risques alors que les données fournies par son département confirment l’existence de cas de tuberculose, de varicelle, de gale et des dizaines de processus gastro-intestinaux, en plus de la nécessité de lancer une campagne de vaccination extraordinaire pour la population migrante », reproche-t-il.

Le syndicat ne remet pas en cause que ces pathologies puissent exister aussi en Espagne, mais il exige que soit reconnue la « dimension extraordinaire » de la situation sanitaire que Ceuta traverse et que les ressources nécessaires soient fournies pour y faire face.

TROIS ANS SANS METTRE LES PIEDS À CEUTA ET UNE VISITE QUI ARRIVE TROP TARD

Par ailleurs, CESM-Ceuta juge incompréhensible que la ministre ait tardé environ trois ans après sa nomination à visiter Ceuta et l’ait fait trois semaines après le début de l’urgence sanitaire, « alors que les professionnels réclament depuis longtemps une attention et des ressources », ajoute-t-il.

De plus, le syndicat dénonce que les professionnels qui ont tenté d’alerter directement la ministre sur la situation des Urgences ont été empêchés de le faire à sa sortie de la Délégation du Gouvernement.

« Les médecins de Ceuta n’ont pas besoin que la ministre leur explique quelle est leur réalité. Ils ont besoin qu’elle les écoute. Et ils n’ont pas non plus besoin d’être pointés du doigt ou stigmatisés », affirme l’organisation.

Dans le même esprit, CESM-Ceuta rejette frontalement toute insinuation pouvant présenter les Ceutí comme une société xénophobe. « Ceuta constitue précisément un exemple singulier de coexistence et de pluralité, et ses professionnels de la santé soignent depuis des années toute personne nécessitant une assistance, quelle que soit son origine ou sa situation », souligne le syndicat.

« Parce que la santé de Ceuta n’a pas besoin d’un récit qui maquille la réalité. Elle a besoin de médecins, de moyens et de solutions. Et les professionnels de la santé de Ceuta n’ont pas besoin que quelqu’un parle en leur nom: ils ont besoin d’être écoutés et que leur droit à dire ce qu’ils vivent soit respecté », conclut le communiqué.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.