Piluliers en été : faut-il les utiliser ? Retirer les médicaments de leur blister peut être une mauvaise idée

18 août 2026



   Un pastillero en le sac, des pilules oubliées dans la voiture, ou un médicament conservé dans la salle de bains peuvent sembler des situations sans importance, mais la chaleur et l’humidité peuvent altérer la stabilité de certains médicaments. Le risque est particulièrement important en été, lorsque les thermomètres dépassent largement les 35 ou 40 degrés.

   Pour cela, les pharmaciens recommandent de conserver les médicaments, si possible, dans leur emballage d’origine, dans un endroit frais et sec, et en suivant les indications spécifiques de la notice. De plus, il y a un problème supplémentaire : un médicament dégradé par la chaleur n’affiche pas toujours des signes visibles permettant de le détecter.

   Et il faut dire que, nous avons interrogé ce sujet, pour Europe Press Santé Infosalus, Pablo Caballero, pharmacien, du service de Diffusion Scientifique du Conseil Général des Ordres des Pharmaciens, car l’un des comportements les plus fréquents est de sortir les comprimés de leur blister et de les ranger dans des piluliers, dans des sacs ou même de les laisser dans la voiture pendant l’été. Quels risques peut entraîner cette pratique ?

   Cet expert affirme que les médicaments doivent être conservés dans leur emballage d’origine, protégés de la lumière, et doivent rester loin des sources de chaleur (voiture, cuisine, salle de bains), en respectant strictement les indications de la notice. De plus, il indique que lors de déplacements il est recommandé d’utiliser des sacs isothermes, mais sans contact direct avec de la glace.

ATTENTION À LA CHALEUR

   « La chaleur peut accélérer la dégradation de certains principes actifs et, ce faisant, réduire leur efficacité. Cependant, tous les médicaments ne se dégradent pas à la même vitesse à une température donnée. C’est pourquoi il est important de respecter les indications relatives au mode de conservation et, lorsque des conditions particulières de conservation ne sont pas requises, de garder également les médicaments dans un endroit frais et sec, dans leur emballage et avec la notice », affirme ce pharmacien.

   Les vaccins et d’autres médicaments à composants biologiques (comme l’insuline) sont particulièrement sensibles et doivent habituellement être conservés au réfrigérateur, comme il le précise. Cela dit, il souligne qu’en règle générale, les médicaments liquides (par exemple, des collyres, des suspensions, ou des solutions), ou dans le cas des semi-solides (comme les crèmes), sont généralement plus sensibles à la chaleur que les solides.

   Il faut aussi faire attention aux médicaments qui se préparent par reconstitution (ce qui est relativement fréquent pour certains antibiotiques), poursuit Caballero, et qui se présentent généralement dans un flacon sous forme de poudre avec une ligne marquant le niveau jusqu’où il faut ajouter l’eau : « Une fois ce processus de reconstitution effectué, le médicament devient beaucoup plus fragile (il se dégrade plus facilement), et il ne doit pas être exposé à la lumière, ni à des températures élevées (dans de nombreux cas, la notice indique que le médicament reconstitué doit être conservé au réfrigérateur) ».

ERREURS EN CONSERVER LES MÉDICAMENTS À LA MAISON

   À ce sujet, nous avons demandé à ce porte-parole du Conseil Général des Collèges de Pharmacien de nous rappeler quelles sont les erreurs que nous commettons principalement lorsque nous conservons les médicaments, en soulignant que l’une des plus fréquentes est de jeter l’emballage et la notice du médicament.

   « Bien que nous disposions aujourd’hui d’outils en ligne qui nous permettent de consulter la notice de n’importe quel médicament, comme l’application Medicamento Accesible Plus (du Conseil Général des Collèges des Pharmaciens), conserver la notice sur papier facilite la consultation à tout moment. On y trouvera des informations sur le mode de conservation du médicament et les précautions spécifiques à prendre », souligne-t-il.

   Il considère également qu’il est une erreur fréquente de conserver les médicaments dans la cuisine, dans la salle de bains, ou dans la voiture: « Ces lieux sont plus exposés à des variations brusques de température et d’humidité, ce qui peut provoquer des altérations du médicament. Il est préférable de les conserver dans une zone plus fraîche, avec une température plus stable, et sans exposition directe à la lumière. Par exemple, dans une armoire du salon ou dans une pièce. »

   Mais surtout, en plein été où les températures dépassent facilement les 35 ou 40 °C dans de nombreuses régions d’Espagne, il insiste sur la conservation des médicaments dans un endroit frais, sec et à l’abri de la lumière directe, en particulier des rayonnements solaires, et sur le fait de respecter les conditions indiquées dans la notice de chaque médicament afin de garantir leur stabilité et le maintien de l’efficacité du médicament jusqu’à la date d’expiration.

   Pablo Caballero souligne aussi que, de manière générale, on peut distinguer les médicaments qui doivent être conservés :

   – Dans le congélateur : c’est peu courant; par exemple, certains vaccins.

   – Au réfrigérateur, entre 2 et 8 °C : dans ces cas, l’emballage affiche un pictogramme en forme d’étoile (*) ; de plus, c’est également indiqué dans la notice ; il faut noter que plus froid n’implique pas nécessairement une meilleure conservation et il faut les maintenir dans cette plage de températures mais sans les congeler.

   – À moins de 25 °C : c’est indiqué dans la notice.

   – À moins de 30 °C : c’est indiqué dans la notice.

   – Médicaments qui ne nécessitent pas de conditions particulières de conservation : dans ces cas, il a été démontré que le médicament ne se dégrade pas en restant à des températures de 40 °C pendant six mois, mais il faut tout de même le conserver à l’écart des sources de chaleur.

COMMENT SAVOIR QUE LE MÉDICAMENT A PU SE DÉGRADER ?

   En ce qui concerne les signaux possibles qui pourraient indiquer une détérioration du médicament, Pablo Caballero mentionne qu’il faut souligner qu’il n’est pas nécessaire qu’il y ait un signe, surtout pour les médicaments solides comme les comprimés ou les capsules.

   « « Dans les médicaments semi-solides, il est plus courant d’observer des changements de couleur ou d’apparence » (par exemple, des crèmes dans lesquelles la partie aqueuse s’est séparée de la phase huileuse). Pour les comprimés, il peut arriver que des changements de couleur se produisent (par exemple, le brunissement) ou, s’ils ont été exposés à l’humidité pendant une période suffisante, la surface peut être rugueuse au lieu d’être lisse », conclut cet expert.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.