Chaque 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, nous rappelle que l’égalité doit se construire en tenant compte des réalités variées qui traversent les femmes. Les femmes en situation de handicap intellectuel se heurtent à une vulnérabilité particulière face à la violence fondée sur le genre et à l’exclusion sociale, surtout lorsque d’autres facteurs comme la pauvreté, l’institutionnalisation ou les addictions se mêlent.
Parler d’égalité sans mettre l’accent sur elles revient à exclure celles qui rencontrent le plus d’obstacles pour exercer leurs droits.
Une vulnérabilité structurelle et invisibilisée
Tel que le souligne la Fondation CERMI Mujeres (2025), les femmes et les filles handicapées présentent des taux plus élevés de violence et rencontrent davantage d’obstacles pour porter plainte, accéder à des ressources accessibles ou bénéficier d’une prise en charge adaptée.
Il ne s’agit pas d’une vulnérabilité individuelle, mais structurelle : des obstacles dans la communication, un manque d’accessibilité cognitive, des préjugés sur leur capacité de décision et une faible formation spécialisée dans les systèmes d’accompagnement.
Le rapport de la Sous-commission pour le renouvellement et la mise à jour du Pacte d’État contre la violence de genre (Congrès des Députés, 17 février 2025) intègre des avancées importantes, avec un volet spécifique consacré au handicap et des mesures destinées à :
- Garantir l’accès universel aux ressources d’accompagnement et de protection.
- Renforcer la formation des professionnels des domaines judiciaire, sanitaire et social.
- Élaborer des protocoles spécifiques pour les femmes handicapées victimes de violence ou de traite.
- Promouvoir la collecte de données statistiques désagrégées.
Ces avancées sont fondamentales, mais il demeure nécessaire de renforcer l’accès effectif à la justice, la prévention dans les environnements institutionnels et la réhabilitation intégrale des victimes.
Violence et addictions : une intersection clé
La réalité se complique lorsque l’on intègre la perspective des addictions. Dans de nombreux cas, la consommation problématique peut être liée à des situations de violence antérieure, à la traite ou devenir un facteur qui accroît le risque de subir de nouvelles violences.
De plus, les ressources dédiées aux addictions ne sont pas toujours adaptées d’un point de vue d’accessibilité cognitive ni n’intègrent une approche fondée sur le genre et le handicap, ce qui génère de nouvelles exclusions.
À travers notre projet « Tejiendo Apoyos » sur les femmes en situation de handicap intellectuel et addictions, nous travaillons précisément sur cette intersection : produire des connaissances, sensibiliser les professionnels et promouvoir des réponses accessibles, inclusives et fondées sur les droits.
Un 8M avec un regard intersectionnel
Pour ce 8 mars, nous voulons rappeler qu’il ne peut y avoir d’égalité réelle sans accessibilité, ni de politiques efficaces sans une approche intersectionnelle.
Mettre l’accent sur les femmes en situation de handicap intellectuel n’est pas une question sectorielle : c’est une question de droits humains.
Si nous voulons une société plus juste, nous devons garantir que les politiques de prévention, de protection et de rétablissement intègrent pleinement toutes les femmes, sans exception.