Réseau de soutien pour femmes en situation de handicap et souffrant d’addictions : un facteur clé

5 mai 2026

Au-delà de l’intervention professionnelle, ce qui soutient réellement les femmes au quotidien, ce sont les liens du quotidien. Il ne s’agit pas seulement d’un accompagnement en consultation ou dans un dispositif, mais de disposer de personnes avec qui partager la simplicité: un café, une conversation, une promenade, quelqu’un à appeler quand la journée devient difficile.

Dans bien des cas, l’intervention peut offrir des outils, des espaces sûrs et un soutien technique, mais ce qui assure la continuité du processus en dehors de ces espaces est le réseau. Avoir quelqu’un qui écoute, qui accompagne sans juger ou simplement qui est présent peut être le facteur qui aide à soutenir des décisions difficiles et à ne pas retomber dans des situations à risque..

Construire de nouveaux liens et se forger un projet de vie qui leur est propre

Au cours du processus, l’un des objectifs est de favoriser des espaces où elles puissent générer de nouvelles relations :

« S’engager dans la couture, avoir une voisine avec qui prendre un café… »

Il ne s’agit pas seulement d’activités, mais de créer des opportunités pour se lier différemment et de commencer à construire des relations plus saines et plus sûres. Dans ce sens, les professionnelles soulignent que les femmes qui parviennent à maintenir des changements dans le temps partagent souvent quelque chose :

« Elles avaient un projet, un projet de vie qui les motivait. »

Parce que créer des liens sûrs et construire un projet de vie vont de pair: ce n’est pas seulement avoir de la compagnie, mais aussi avoir quelque chose vers quoi avancer, un horizon ou un objectif qui donne du sens au processus et aide à consolider les changements.

Le risque de la solitude

L’absence de réseau, le retour à des environnements connus et les limites de la ressource font partie d’une même réalité: le besoin de lien. Quand il n’existe pas de soutien proche, la solitude apparaît et augmente le risque de « répétition du même schéma ».

« Elles sont seules dans le monde et alors elles répètent le même schéma. »

Cette solitude peut pousser à revenir à ce qui est connu, même si c’est nocif :

« Je retourne sur le terrain, je reviens avec l’agresseur, je reviens avec des liens de consommation. »

Et même si l’accompagnement professionnel est clé, il ne couvre pas toujours cette dimension quotidienne du lien :

« On peut être dans un logement protégé, mais si on est seule… »

C’est pourquoi le réseau, le lien et le projet de vie vont de pair: il ne suffit pas de sortir de la situation de violence ou de consommation, il faut construire de nouvelles relations et un horizon qui soutienne le changement sur le long terme.

La solitude n’est pas seulement l’absence de compagnie, mais une expérience qui peut pousser à se reconnecter avec ce qui est connu pour ne pas se sentir déconnecté du monde, même lorsque ce « connu » n’est pas sûr.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.