À l’arrivée de l’été, les taches brunes qui apparaissent sur le visage, les mains, le décolleté ou les bras deviennent plus visibles et beaucoup de personnes se demandent si elles ne relèvent que du vieillissement. Cependant, les taches solaires sont, en réalité, l’une des traces les plus évidentes d’une exposition cumulative au rayonnement ultraviolet au fil des années.
Bien que la plupart soient bénignes, toutes les taches cutanées n’ont pas le même sens et certaines lésions peuvent être précancéreuses ou même correspondre à un cancer de la peau à ses premiers stades. Comment pouvons-nous les distinguer et que devons-nous faire pour les prévenir ? Nous avons interrogé, auprès d’Europe Press Santé Infosalus, le médecin de l’équipe de dermatologie du Instituto de Dermatología Integral Concetta D’Alessandro (IDEI), qui nous explique que les appelées « taches solaires » (ou « lentigos solaires » ou « taches de la vieillesse ») sont des lésions pigmentées bénignes apparaissant comme conséquence de l’exposition cumulée au rayonnement ultraviolet au fil des années.
« Bien que nous les associions souvent au vieillissement, elles représentent en réalité une manifestation visible du dommage solaire chronique. La peau a mémoire et accumulate les effets de chaque exposition, même sans qu’il y ait eu de coup de soleil. Avec le temps, les mélanocytes (les cellules responsables de la production de mélanine) commencent à fonctionner de manière irrégulière et génèrent des dépôts localisés de pigment qui se traduisent par ces taches marronnes », indique cette experte.
Les zones les plus touchées, selon elle, sont celles qui ont été exposées au soleil tout au long de la vie : le visage, le décolleté, le cou, les épaules, les bras et le dos des mains. « En plus d’être un problème esthétique, elles constituent un marqueur visible du photo‑vieillissement cutané. La radiation solaire favorise aussi l’apparition des rides, ainsi que la perte d’élasticité et les altérations de la texture de la peau », ajoute-t-elle.
QUAND FAUT-IL CONSULTER UN EXPERT
À ce sujet, cette spécialiste de l’IDEI nous indique quand il faut consulter pour ce type de taches, rappelant que, effectivement, toutes les taches ne sont pas identiques et que, bien que la majorité soient bénignes, certaines peuvent correspondre à des lésions précancéreuses, voire à un cancer de la peau en phases initiales.
La principale outil que chacun peut utiliser chez soi est la règle « ABCDE » du mélanome, détaillée ci‑après:
· A (Asymétrie): une moitié de la lésion est différente de l’autre.
· B (Bords): bords irréguliers ou mal définis.
· C (Couleur): présence de plusieurs couleurs ou changements de teinte.
· D (Diamètre): supérieur à 6 millimètres.
· E (Évolution): croissance ou changements rapides en semaines ou en mois.
« De plus, toute lésion qui saigne spontanément, démange de manière persistante, forme des croûtes répétées, ou ne cicatrise pas, doit être évaluée par un dermatologue. Il est aussi important de consulter lorsqu’apparaît une tache nouvelle clairement différente du reste des grains de beauté », affirme cette dermatologue.
Selon elle, les taches solaires sont bien plus qu’un problème esthétique et constituent l’un des signes les plus évidents du dommage cumulé par le rayonnement ultraviolet : « Leur présence indique que la peau a reçu une quantité importante de soleil au cours de la vie. » Cela ne signifie pas qu’une tache solaire va nécessairement se transformer en cancer de la peau, mais elle reflète qu’une exposition répétée a augmenté le risque de développer des lésions précancéreuses, des carcinomes ou des mélanomes.
C’est pourquoi, lorsque qu’une personne présente de multiples taches solaires, notamment s’elles s’accompagnent d’autres signes de photo‑vieillissement, il est recommandé de réaliser des contrôles dermatologiques réguliers. La prévention et le diagnostic précoce restent les outils les plus efficaces face au cancer cutané.
CONSEILS POUR PREVENIR LES TÂCHES SOLAIRES
Dans ce cadre, l’experte du Instituto de Dermatología Integral propose une série de mesures efficaces pour prévenir l’apparition des taches. D’abord, elle souligne que « la meilleure stratégie » est de combiner ces mesures: « Il ne faut pas concevoir la photoprotection comme un choix entre crème ou vêtements, mais comme la somme de tous les outils disponibles. La protection physique est probablement la mesure la plus efficace car elle empêche directement que les radiations atteignent la peau. Chercher l’ombre, porter des chapeaux à larges bords, des lunettes homologuées et des vêtements adaptés offre une protection constante et fiable ».
Les crèmes solaires, poursuit-elle, sont également essentielles, mais elles présentent une limitation importante car beaucoup de personnes les appliquent en quantité insuffisante ou ne les réappliquent pas correctement. « Une recommandation pratique qui peut aider est la règle des 2 doigts : tracer deux lignes continues de protection solaire du visage jusqu’à la pointe des doigts index et majeur, afin de couvrir le visage et le cou ; pour le reste du corps, une cuillerée à café dans chaque zone (bras, jambes, décolleté…), » ajoute-t-elle.
En ce qui concerne le facteur de protection recommandé, il est toujours conseillé d’opter pour un FPS 50, sans oublier l’importance de le réappliquer toutes les 2 à 4 heures. « Par conséquent, le protecteur solaire doit être considéré comme un complément indispensable des mesures physiques, jamais comme son substitut », soutient cette dermatologue. Il est également fondamental d’éviter l’exposition pendant les heures centrales de la journée et de rappeler que le rayonnement ultraviolet agit tout au long de l’année, pas seulement en été.
QUE POUVONS-NOUS FAIRE LORSQUE DES TÂCHES SONT DÉJÀ APPARUES
Une fois les taches apparues, on se demande ce que l’on peut faire pour les éliminer ou les atténuer, et s’il est possible de les faire disparaître complètement. Aujourd’hui, il existe des traitements très efficaces pour éliminer ou réduire de manière significative les taches solaires : Les lasers les plus efficaces pour traiter les taches solaires sont les lasers spécifiques au pigment, tels que le Q‑Switched, le Nd:YAG Q‑Switched et, particulièrement, les lasers modernes à picosecondes. Ils agissent en fragments sélectifs de la mélanine accumulée dans la tache afin que l’organisme l’élimine naturellement.
De plus, selon la doctore D’Alessandro, lorsque les taches s’accompagnent de photo‑vieillissement, on peut aussi utiliser des lasers fractionnels et l’IPL (lumière pulsée intense), qui améliorent simultanément la pigmentation, la texture et la qualité de la peau. « L’essentiel est que toute tache soit évaluée préalablement par un dermatologue afin d’exclure les lésions précancéreuses ou le cancer de la peau avant de débuter le traitement », réaffirme-t-elle.
Par ailleurs, elle reconnaît que d’autres procédures peuvent également être utilisées, telles que:
· Peelings médicaux.
· Microdermabrasion.
· Thérapie photodynamique chez certains patients, notamment lorsque existent des lésions produites par le dommage solaire chronique.
Concernant les fausses promesses, toutefois, cette dermatologue de IDEI juge utile de se méfier des remèdes maison comme le citron, le bicarbonate, le vinaigre ou les mélanges « naturels » qui circulent sur les réseaux sociaux: « Non seulement ils manquent de preuves scientifiques, mais ils peuvent provoquer irritation, brûlures et pigmentations encore plus marquées. Il n’existe pas non plus de crèmes miracles capables d’éliminer des taches profondes en quelques jours. Lorsque une tache est installée, surtout si elle est présente depuis des années, les traitements médicaux et les lasers offrent généralement des résultats bien supérieurs à tout cosmétique ».