Le retour au travail n’exige pas l’abandon de l’allaitement, affirme une sage-femme

12 septembre 2026



La coordinadora de matronas de HM Hospitales en Madrid, María Cantos, a affirmé que le retour au travail ne signifie pas nécessairement abandonner l’allaitement maternel, car il existe diverses options auxquelles la mère peut recourir, comme les extraits du lait ou la combinaison de tétées directes et de lait de formule.

« Il faut se débarrasser de l’idée du tout ou rien. Un allaitement n’a pas nécessairement à être uniquement à la demande 24 heures sur 24 : il peut y avoir des tétées directes et du lait extrait, ou des tétées directes et du lait en formule. L’important, c’est que chaque femme trouve l’option avec laquelle elle se sent à l’aise », a-t-elle expliqué.

Cantos a souligné que l’important est que les familles connaissent les ressources et les options disponibles pour pouvoir choisir celle qui s’adapte le mieux à leur situation. « Chaque mère, chaque bébé et chaque allaitement sont uniques. Il n’y a pas une seule manière de bien faire les choses », a-t-elle insisté.

Selon ses explications, l’un des principaux changements qui peuvent survenir lors de la reprise du travail concerne la fréquence des tétées. Cela peut amener la mère à remarquer, pendant les premiers jours, un sein plus plein, plus tendu ou même un petit bourgeon dans les heures où elle avait l’habitude d’allaiter.

Si les tétées s’espacent habituellement et ne sont pas remplacées par une extraction, le sein peut interpréter une demande moindre et réduire progressivement la production, c’est pourquoi la sage-femme a recommandé d’essayer, deux ou trois semaines à l’avance, de préparer ces journées et de maintenir des « tétées ancrées », comme celle du matin, celle du moment des retrouvailles et celle du soir, pour aider à soutenir l’allaitement.

EXTRACTION

Cantos a indiqué que, lorsque la mère passe plusieurs heures séparée de son bébé, la recommandation générale est d’essayer que les tétées prévues pendant cette période soient remplacées par des extractions, ce qui peut représenter environ deux ou trois extractions pour une journée de travail de huit heures, bien que cela puisse varier selon les cas.

Concernant l’extraction, Cantos conseille de la réaliser avec les mains, propres et sèches, et d’utiliser le tire-lait dans un environnement, autant que possible, calme. De plus, elle précise qu’un tire-lait ne produit jamais la même chose qu’un bébé, de sorte que la quantité obtenue ne doit pas servir de référence directe pour évaluer combien le bébé boit.

Quant à sa conservation, elle suggère de stocker le lait en quantités petites, d’environ 60 à 90 millilitres, d’étiqueter les récipients avec la date et d’utiliser en premier le lait le plus ancien. Pour le transport entre le travail et le domicile, un petit réfrigérateur portable avec des plaques froides peut suffire et, une fois à la maison, il doit être conservé au réfrigérateur ou au congélateur selon l’usage prévu.

La planification peut également inclure l’utilisation du congé de lactation et l’organisation des horaires de travail et de garde du bébé, afin que la mère puisse instaurer une routine réaliste et durable.

Par ailleurs, l’expert a rappelé que l’adaptation concerne aussi le bébé, qui peut réorganiser ses tétées lorsqu’il passe plusieurs heures séparé de sa mère, téter un peu moins pendant cette période et compenser en fin d’après-midi et le soir.

« Beaucoup de femmes interprètent que le bébé a faim ou que son lait ne le nourrit plus, alors qu’il peut s’agir simplement d’une réorganisation. En retrouvant sa mère, il peut aussi chercher le sein par simple contact et non uniquement par faim », a expliqué Cantos.

¿Y SI EL BEBÉ RECHAZA EL BIBERÓN?

Une autre préoccupation courante avant la reprise est que le bébé n’accepte pas le biberon. Dans ce cas, l’équipe de sages-femmes de HM Hospitales à Madrid recommande de commencer à pratiquer deux ou trois semaines avant le retour, sans en faire une obligation et sans attendre que le bébé ait très faim.

Parmi les conseils pour faciliter l’adaptation, Cantos a mis en avant la posture et la manière de le proposer. Concrètement, le bébé doit être relativement relevé et le biberon doit être maintenu à l’horizontale, en utilisant une tétine à flux lent et en faisant des pauses pendant la prise.

« Il est préférable de le proposer lorsque le bébé est calme et heureux. S’il le refuse, il ne faut pas insister ni attendre qu’il ait très faim. On peut réessayer un autre jour, changer la tétine, la température du lait, la personne qui le propose, ou envisager d’autres options, comme un gobelet ou une cuillère », a expliqué Cantos.

De plus, elle a estimé positivement que ce soit le partenaire ou une autre personne de l’entourage qui propose la tétée, surtout lorsque la mère est présente, afin que l’alimentation soit un moyen pour le partenaire de participer activement aux soins du bébé.

Dans ce sens, elle a souligné que le soutien à la mère passe aussi par la répartition des tâches quotidiennes. « Pour l’accompagnant et la famille, il ne faut pas donner des conseils, il faut leur confier des tâches. Faire les courses, préparer le dîner, s’occuper d’autres enfants, laver le tire-lait ou préparer les récipients pour le lendemain sont des moyens concrets d’aider une mère qui allaitait », a-t-elle indiqué.

Thomas Leroy

Thomas Leroy

Je m’appelle Thomas Leroy et je suis le rédacteur de Placebo. Médecin de formation et passionné par le journalisme, j’ai choisi de créer ce média pour apporter une information claire et indépendante sur la santé et les addictions. Chaque jour, je m’engage à rendre accessibles des sujets complexes afin d’aider chacun à mieux comprendre et agir.