Moins d’énergie, une récupération plus lente, des changements d’humeur, ou une réponse différente à l’entraînement de force sont quelques-unes des variations que certaines femmes perçoivent après avoir commencé à utiliser des contraceptifs hormonaux. Leur influence potentielle dépend du mode contraceptif, de sa composition, de la dose et, surtout, de la réponse individuelle, c’est pourquoi cette atteinte ne peut être généralisée.
Ainsi, cela est signalé lors d’une conversation en exclusivité avec Europa Press Santé Infosalus Claudio Nieto, spécialiste en sciences de l’activité physique et du sport et auteur de ‘Hormones, métabolisme et performance’ (Éditions Tenos), qui explique quelles signaux il convient d’observer, et pourquoi tout changement du contraceptif doit être évalué par le gynécologue ou, le cas échéant, par l’endocrinologue.
« Oui, il existe des femmes, mais pas toutes, qui, en prenant certains contraceptifs, commencent à remarquer des différences, elles ont plus d’appétit, leur humeur change, dorment moins bien, accumulent plus de graisse viscérale, elles ont moins de force. Dans ce cas, si elles sont conscientes de ces phénomènes, elles pourront en discuter avec leur gynécologue ou avec l’endocrinologue pour voir quelles alternatives existent », conseille cet expert.
Lui, qui travaille entre autres à conseiller des athlètes d’élite, souligne que, dans de nombreux cas, il a vu comment les athlètes consultent leur gynécologue ou leur endocrinologue et étudient toujours les éventuelles alternatives qui existent face à la décision de changer, comme par exemple un changement de concentration administrée, ou bien l’adoption d’un nouveau médicament. « Alors, cela améliore la performance et surtout leur qualité de vie », renforce cet expert.
COMMENT L’ENTRAÎNEMENT SPORTIF PEUT-IL ÊTRE AFFECTÉ
Concrètement, Claudio Nieto met en garde que cela est plus habituel dans le cas des contraceptifs combinés où, « selon la formule, la dose, et le profil de progestine, ils peuvent moduler l’adaptation à l’entraînement de force, l’utilisation des substrats et la sphère psychosexuelle ».
Il précise toutefois que cela n’est pas identique chez toutes les femmes, mais c’est un facteur à surveiller si une femme pratique régulièrement un sport et veut obtenir la meilleure performance sportive. Il évoque aussi que pour certaines femmes la prise de contraceptifs se traduit par une diminution du désir sexuel, une moindre étincelle motivationnelle et, parfois, une perception d’une récupération plus lente.
Il pointe, en particulier, la sensibilité à l’insuline, où il reconnaît que certains profils de contraceptifs peuvent être associés à une légère réduction de la sensibilité à cette dernière, rendant ainsi la régulation de la glycémie plus difficile chez les femmes prédisposées (antécédents familiaux, syndrome des ovaires polykystiques, sédentarité, prise de graisse, etc.).
Concernant la masse musculaire, il détaille que les preuves indiquent que, en moyenne, il existe des femmes qui prennent des contraceptifs hormonaux, en particulier des pilules combinées, qui peuvent gagner moins de masse maigre ou de force en réponse à l’entraînement par rapport aux femmes ayant des cycles réguliers. « Cet effet semble plus probable avec des progestines à faible profil androgénique, bien que l’ampleur soit petite et qu’il existe une grande variabilité individuelle », précise.
Également, il affirme que la prise de contraceptifs chez certaines femmes peut entraîner une diminution de la libido, du désir sexuel, mais aussi d’une « moindre étincelle motivationnelle » et, parfois, d’une perception de récupération plus lente.
Dans l’ensemble, « si vous remarquez que depuis que vous les prenez vous avez perdu de l’énergie, de la motivation ou du désir, ce n’est pas une illusion ni un drame, mais peut être un effet biologique réel qui mérite une révision individualisée du mode, de la dose et du contexte », conclut.