La Coordinadora Estatal de VIH y Sida (Cesida) a réclamé une réponse urgente et coordonnée face à l’augmentation soutenue des infections sexuellement transmissibles (ITS) en Espagne, qui ont dépassé les 93 000 cas en 2024, avec l’implication des autorités sanitaires, des organisations non gouvernementales et de la société dans son ensemble.
À l’occasion de la Journée mondiale de la Santé Sexuelle, Cesida a mis l’accent sur l’évolution de ces infections, après que le dernier Rapport de surveillance épidémiologique a recensé 41 918 cas de chlamydia, 37 257 de gonococcie, 11 930 de syphilis et 1 996 de lymphogranulomatose vénérienne. Rédigé par le Centre national d’épidémiologie de l’Institut de Santé Carlos III et le Ministère de la Santé, ce rapport situe ces diagnostics à leur plus haut niveau depuis plus d’une décennie.
L’analyse des tendances du rapport confirme une évolution ascendante et estime une augmentation annuelle des taux de 28,9 pour cent pour la gonococcie entre 2020 et 2024, de 19,4 pour cent pour la syphilis entre 2021 et 2024 et de 19,6 pour cent pour la chlamydia entre 2016 et 2024.
La majorité des diagnostics ont été enregistrés chez des jeunes adultes et l’atteinte a été plus marquée chez les hommes, même si, dans le cas de la chlamydia, on observe une proportion élevée de femmes de moins de 25 ans.
Par ailleurs, l’Espagne est identifiée comme l’un des pays européens affichant les chiffres les plus élevés de syphilis et de gonococcie, ce qui, selon Cesida, souligne l’urgence de mettre en œuvre des stratégies efficaces de prévention et de prise en charge. Toutefois, rappelle la coordinatrice, il faut nuancer que cette hausse du nombre de cas peut refléter non seulement une augmentation réelle de la transmission de ces infections, mais aussi un meilleur accès au dépistage et une plus grande propension des personnes à se faire tester, ce qui contribue à la détection et à la notification des cas.
La présidente de Cesida, Carmen Martín, a défendu que l’élargissement des dépistages doit être accompagné de l’impulsion à la vaccination contre des infections telles que le mpox, les hépatites A et B ou le virus du papillome humain (HPV). « Il est très important de faciliter l’accès aux dépistages, mais aussi de promouvoir la vaccination contre les infections pour lesquelles des vaccins existent », a-t-elle affirmé.
Martín a également salué le travail coordonné par le Ministère de la Santé avec les communautés autonomes et les organisations sociales pour promouvoir la santé sexuelle et faire progresser l’application de ces mesures sur l’ensemble du territoire.
FEUILLE DE ROUTE 2026-2030 POUR RÉDUIRE L’AUGMENTATION DES ITS
Cesida a accueilli favorablement la présentation, en juin 2026, de la Feuille de route 2026-2030 du Ministère de la Santé visant à répondre à l’augmentation des ITS. Le document prévoit des mesures pour renforcer la surveillance, améliorer l’accès au diagnostic, promouvoir la prévention et progresser vers une prise en charge intégrale et accessible.
Parmi elles figure le financement public des préservatifs pour les jeunes âgés de 16 à 22 ans. L’entité a salué cette mesure et espère sa mise en œuvre avant la fin de la législature. Elle rappelle également que faciliter l’accès aux préservatifs doit être accompagné d’une éducation sexuelle intégrale, d’informations fondées sur les preuves, d’un accès universel aux tests ITS et d’autres outils de prévention.
À ce titre, Oliver Marcos, secrétaire général de Cesida et spécialiste de la santé publique, réclame une éducation sexuelle intégrale, fondée sur les preuves scientifiques et présente à la fois dans les classes et dans les environnements familiaux. « Il est important que dans les milieux éducatifs et familiaux, on puisse parler d’éducation sexuelle, de soins, de consentement et du plaisir », déclare-t-il.
Après cela, Marcos rappelle que cette formation ne doit pas se limiter à prévenir les ITS, mais aussi aborder la diversité sexuelle et faciliter que les personnes connaissent les ressources préventives, sollicitent des soins lorsque cela est nécessaire et se libèrent de la peur de réaliser des tests.
ENVIHOS DYNAMISE LA DÉTECTION DU VIH EN ESPAGNE
La propre Feuille de route intègre EnVIHos, le projet développé par Cesida en collaboration avec le Ministère de la Santé pour distribuer gratuitement des autodiagnostic du VIH sur l’ensemble du territoire. L’initiative utilise également des applications de rencontres et des rencontres sexuelles pour atteindre des personnes qui, en raison de barrières économiques, sociales ou liées à la stigmatisation, rencontrent des difficultés pour accéder au test via des pharmacies, des centres de santé ou des ressources communautaires.
En 2025, EnVIHos a enregistré plus de 3 200 demandes, et 43 pour cent des utilisateurs n’avaient jamais passé de dépistage du VIH auparavant. Ces données démontrent que le programme parvient à toucher des personnes qui rencontraient des obstacles à l’accès au test et confirment la nécessité de maintenir et de renforcer ce service gratuit, confidentiel et à domicile.