Le passage à l’heure d’automne, qui consiste à retarder d’une heure les horloges ce week-end, peut temporairement perturber le sommeil, les repas et l’activité quotidienne, et l’exposition à la lumière peut aussi modifier le rythme circadien, qui intervient dans la régulation cardiovasculaire.
Cependant, les données disponibles ne démontrent pas une augmentation constante du risque d’infarctus spécifiquement associée à la transition automnale; le signal de risque cardiovasculaire est plus net, bien que modeste, après le changement de printemps, lorsque l’on perd une heure de sommeil, explique José Luis Zamorano, chef du service de cardiologie de l’Hôpital Universitaire Sanitas La Zarzuela.
Dans les deux cas, il peut se produire une désynchronisation temporaire du rythme circadien, qui participe à la régulation du sommeil, de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque et de la libération hormonale.
Le cœur et les vaisseaux sanguins suivent une dynamique quotidienne. La fréquence cardiaque et la pression artérielle varient selon le moment de la journée et répondent, entre autres facteurs, au sommeil, à l’activité physique et aux variations hormonales. Lorsque ces repères changent brutalement, le corps met quelques jours à réajuster ses fonctions au nouveau rythme.
« Chez une personne en bonne santé, le changement d’heure se traduit par une adaptation temporaire et ne doit pas être interprété comme un risque cardiovasculaire en soi. L’organisme a généralement tendance à rétablir progressivement la coordination entre ses rythmes internes et les nouvelles références externes, de sorte que les effets associés à ce processus sont habituellement temporaires », déclare le docteur Zamorano.
Les perturbations du rythme circadien s’accompagnent de modifications dans la régulation de la pression artérielle et de l’équilibre hormonal. Par conséquent, plutôt que de considérer le changement d’heure comme une agression directe sur le système cardiovasculaire, il est utile d’observer si le repos et le fonctionnement habituel se normalisent au cours des jours qui suivent.
« Fatigue diurne, difficulté à s’endormir ou à se réveiller plus tôt que d’habitude sont des manifestations fréquentes au cours de ces premiers jours. En revanche, si apparaissent des palpitations persistantes, une douleur à la poitrine, des difficultés à respirer ou des vertiges importants, il convient de demander une évaluation médicale et de ne pas attribuer ces symptômes uniquement au changement d’horaire », ajoute Zamorano.
Chez les personnes âgées, ces modifications peuvent aussi être plus perceptibles. Avec l’âge, le sommeil devient souvent plus fragmenté et les variations brusques des routines peuvent prendre plus de temps à s’intégrer dans le quotidien.
« Une heure de décalage peut sembler minime, mais modifier brusquement des repères bien installés peut se traduire par plusieurs jours de somnolence ou de difficulté à suivre les habitudes habituelles, surtout chez les personnes âgées ou souffrant de troubles du sommeil. Lorsque cela est possible, l’adaptation peut être facilitée en avançant ou en retardant progressivement, au cours des jours qui précèdent, l’heure du coucher, du lever et des repas par petites étapes, puis en maintenant après des horaires réguliers. Si les changements persistent ou affectent de manière notable le fonctionnement quotidien, il peut être utile de réaliser une évaluation individuelle », explique Miriam Piqueras, directrice médicale de Sanitas Mayores.
Face à cette situation, les spécialistes de Sanitas recommandent quelques conseils pour faciliter la transition vers le nouveau fuseau horaire :
· S’exposer à la lumière naturelle le matin et réduire la lumière intense et l’utilisation des écrans avant le coucher aide à synchroniser l’horloge biologique et favorise le sommeil nocturne. L’activité en plein air peut apporter des bienfaits supplémentaires pour le bien-être, mais il n’est pas nécessaire de lier cette recommandation à des zones vertes spécifiques pour expliquer l’adaptation au changement d’heure.
· Maintenir des horaires de sommeil et de repas stables. Conserver des repères réguliers dans les jours qui suivent évite d’ajouter d’autres fluctuations par rapport au nouveau fuseau horaire.
· Ne pas chercher à compenser la fatigue en modifiant excessivement la routine. Les siestes prolongées ou la consommation de caféine en soirée interfèrent souvent avec le sommeil nocturne et compliquent la récupération du rythme habituel.
· Consulter si des symptômes persistants ou peu habituels apparaissent. Le changement d’heure ne doit pas être utilisé pour expliquer une gêne nouvelle. Si les symptômes cardiovasculaires persistent, il est conseillé de demander une évaluation professionnelle. Dans ce sens, la vidéoconsultation facilite une première évaluation et permet de déterminer s’il est nécessaire de compléter la prise en charge en présentiel.