Le Collège Professionnel des Kinésithérapeutes de la Communauté de Madrid (CPFCM) a mis en lumière les « nombreux bienfaits » de la kinésithérapie dans le traitement des problèmes de santé mentale, tout en avertissant que son rôle demeure méconnu du grand public, ainsi que des institutions sanitaires et universitaires.
Dans le cadre de la Journée mondiale de la Santé mentale, qui se tient le 10 octobre, le CPFCM a tenu à mettre en avant la contribution que ce collectif peut apporter face à une problématique qui occupe l’agenda sanitaire depuis de nombreuses années.
Dans ce contexte, le CPFCM a souligné que l’objectif de la kinésithérapie en santé mentale est d’optimiser et de renforcer l’individu par la promotion du mouvement fonctionnel, la conscience corporelle et l’encouragement à l’activité physique et à l’exercice.
« Au sein des équipes pluridisciplinaires, la kinésithérapie favorise la prévention, le traitement et la rééducation des personnes souffrant de troubles psychiatriques, de troubles psychosomatiques ou de santé mentale », a expliqué la doyenne du CPFCM, Aurora Araújo, rappelant que cela peut se réaliser en soins primaires et communautaires, ainsi que dans les cadres hospitaliers et ambulatoires.
Ainsi, Araújo a indiqué que ce domaine de la kinésithérapie repose sur les preuves scientifiques disponibles et permet d’intervenir auprès de patients de tous âges, et de troubles de santé mentale légers, modérés ou graves, aussi bien aigus que chroniques.
« La kinésithérapie en santé mentale vise à fournir aux patients des outils pour mieux gérer leur quotidien, en réduisant les niveaux de stress et d’anxiété et en augmentant le bien-être physique et émotionnel. Travaillant sur la dimension physique, on génère de nombreux bénéfices d’ordre psychologique », poursuit Araújo, qui fait également référence au fait que la kinésithérapie aide à augmenter l’estime de soi et la confiance en soi.
De plus, « dans de nombreuses occasions, les troubles mentaux s’accompagnent de symptômes physiques dans lesquels la kinésithérapie peut aussi améliorer la qualité de vie du patient », ajoute la doyenne du CPFCM, rappelant que la profession aborde différentes pathologies, telles que la dépression, l’anxiété, la schizophrénie, les troubles de l’alimentation, les altérations de la personnalité et les conduites addictives, entre autres.
À ce titre, elle a ajouté que les interventions kinésithérapiques basées sur l’exercice ont démontré une réduction des symptômes de dépression, d’anxiété et de stress dans plusieurs troubles psychiatriques. De plus, certaines études ont documenté que des interventions basées sur l’exercice thérapeutique peuvent diminuer les symptômes anxieux d’environ 20 à 25 pour cent.
Par ailleurs, le CPFCM a souligné que les preuves scientifiques indiquent une association entre les maladies mentales et certaines maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité, l’asthme, l’épilepsie et le cancer.
« Les personnes souffrant de troubles mentaux présentent une santé physique plus faible et des niveaux d’activité inférieurs à ceux de la population générale. Cette relation s’accentue chez les personnes atteintes d’un trouble mental grave, ce qui se traduit par un taux d’hospitalisations évitables plus élevé et par une espérance de vie plus courte », concluent le CPFCM.