Le Syndicat des Infirmières, SATSE, a dénoncé que la Loi sur les ratios d’infirmières demeure paralysée depuis 2019 au Congrès des Députés, malgré le fait que depuis lors plus de 150 lois aient été discutées et adoptées, et a critiqué que les groupes parlementaires aient laissé passer plus de six ans sans s’attaquer au déficit de personnel infirmier.
Dans le cadre de la Journée mondiale de la sécurité des patients, SATSE a souligné que la norme, impulsée par le syndicat pour établir des ratios adéquats de patients par infirmière dans les hôpitaux, les centres de santé et d’autres établissements sanitaires et médico-sociaux, demeure en attente de sa procédure définitive malgré le soutien d’environ 700 000 personnes.
Le syndicat rappelle que le « modus operandi » qu’ils utilisent depuis plus de six ans consiste à dilater toutes les étapes que toute loi doit franchir pour pouvoir être adoptée, telles que son examen initial, la présentation et le débat des amendements à l’intégralité et la présentation et l’adoption ultérieure des amendements partiels au texte.
De cette manière, et de façon tout à fait consciente de la part des partis politiques, elle est passée « d’une législature à l’autre » sans achever sa procédure, ajoute SATSE.
Le syndicat rappelle que le texte de la Loi sur les ratios infirmiers ne comporte que 16 articles et n’occupe pas plus de sept pages. « Cela devrait être une quantité considérable de travail si l’on prend en compte les près de 60 demandes qu’ils ont présentées à la Table du Congrès des Députés, au cours de la législature actuelle, afin d’obtenir davantage de temps pour présenter leurs amendements partiels », ironise SATSE.
Au cours des derniers mois, SATSE a mené divers contacts et tenu des réunions avec les groupes parlementaires afin d’accélérer la procédure de la proposition de loi, réaffirmant sa volonté qu’une fois adoptée, sa mise en œuvre soit progressive et adaptée à la complexité réelle des soins.
Dans le nouveau cycle politique, le Syndicat des Infirmières continuera d’insister auprès de tous les groupes parlementaires sur la nécessité de ne pas laisser passer une autre législature et cela ferait la troisième que la Loi est « à l’orée » de son adoption au Congrès des Députés.
Le syndicat insiste sur la corrélation entre les ratios infirmières et la sécurité des patients, car « plus il y a de patients par infirmière, plus il existe de risques, de réadmissions, de complications, d’erreurs et même de décès ». Malgré cela, « dans les hôpitaux de notre pays », il existe des situations où une professionnelle doit s’occuper de plus de 20 patients, et dans les maisons de retraite, elle peut prendre en charge jusqu’à 200 personnes lors de certains quarts.