La détection de virus dans le sang total exige généralement un processus complexe d’extraction, de purification et de stockage à froid, ce qui entrave la détection rapide dans des environnements aux ressources limitées. C’est pourquoi des chercheurs de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign (États-Unis) ont élaboré un protocole permettant de sécher le sang total et d’amplifier de manière sensible l’ARN du virus Zika et celui du virus de l’hépatite C sans purification préalable.
Comme le rapporte la revue Science Advances, cette méthode pourrait faciliter le diagnostic précoce de ces infections, permettant ainsi aux personnes de démarrer le traitement antiviral approprié et, dans le cas du Zika, de prévenir des troubles congénitaux graves dans les pays à revenu faible ou moyen où ces infections sont fréquentes.
L’amplification de l’ARN viral présent dans le sang total est généralement entravée par la présence d’inhibiteurs moléculaires et de gros composants cellulaires, qui sont éliminés grâce à un processus de purification long et coûteux.
Les chercheurs ont développé un protocole pour créer et stabiliser une matrice de sang séché, qui ne nécessite qu’un simple chauffe-échantillon pour la préparation et l’amplification de l’ARN et un lecteur fluorescent peu coûteux pour les smartphones afin de détecter le signal d’ARN. Ils ont combiné l’inhibition des ribonucléases (ARNases), le séchage contrôlé du sang, la lyse thermique, la transcription inverse limitée par amorces et l’amplification isotherme médiée par boucles avec transcription inverse (RT-LAMP).
La méthode a donné des résultats comparables à ceux obtenus avec une préparation des échantillons plus lourde, atteignant une sensibilité de 1 UI par microlitre pour le virus de l’hépatite C et de 10 copies par microlitre pour le virus Zika.